Classé dans : L'actu, sérieux là!
Le débat revient régulièrement dans les médias et sur certains blogs, dont celui-ci. Récemment, avec l’annonce du 900 millions accordé par le gouvernement fédéral à l’industrie aéronautique, un argument bien connu à ressurgi ici.
Cette question me facine. D’abord parce que je ne suis absolument pas certain de la réponse à y donner, et ensuite parce qu’elle réussi, bizarrement, à rallier des gens qui sont normalement assez idéoliquement opposé.
Prenons le militant d’extrême-gauche anti-capitaliste. Il ne peut concevoir que l’État supporte financièrement ou octroi des avantages à une entreprises privé. Il s’agit là d’une subvention à “l’oppresseur”, à la “classe dominante”, aux “bourgeois”. Utiliser nos ressources collective pour financer des “boss” plein aux As, c’est confirmer le complot qui se trame dans les hautes sphères du pouvoir politique.
Prenons, en contrepartie, un bon économiste néolibéral. De droite là. Un vrai. Celui que même les plus bandé sur le modèle néoclassique trouve un peu caricatural, parce que trop simpliste. Une Nathalie Elgrably mettons. Cet économiste va nous dire qu’en subventionnant les entreprises, on va à l’encontre des “forces” du marché, on brime les “lois” qui favoriserait normalement un “équilibre” sur celui-ci. Il poussera parfois sa logique en allant jusqu’à prétendre que si les alumineries ne peuvent survivre au marché sans aide gouvernementale, et bien qu’elles ferment, et si les scieries ne peuvent survivre, qu’elles ferment, et si les mines… et si les… et si… ben que les régions ferment finalement. Je me suis fait sortir cette logique, par un professeur de l’Université Laval, à côté de la machine à café. Là où on se dit la vérité finalement.
2 citoyens, 2 idéologies opposés. 1 position commune. Pour des raisons différentes. On s’entend.
De mon humble point de vue. L’aide aux entreprises, c’est pas le démon.
Je pense que l’État doit jouer un rôle structurant dans notre économie et l’ensemble des avantages qu’il peut conférer aux entreprises doit servir de levier à ce niveau. Au Québec, on pourrait entendre par là des subventions directes, des tarifs avantageux à l’hydro-électricité, le développement d’infrastructures de soutien, etc. Attention, il ne s’agit pas de soupoudrer n’importe quoi à n’importe qui, ça prend un plan de développement, avec des créneaux ciblés.
Je ne vous sortirai pas la simple rengaine du sauvetage des emplois. Même si c’est excessivement important, je pense que l’aide aux entreprises va au delà de cette logique. Prenez l’Alcan par exemple. L’Alcan fait vivre une région, le Saguenay-Lac saint-jean. Dans toutes les alumeries que vous allez parcourir dans le monde, la technologie la plus avancée qui soit, vous la trouverez chez nous.
Ça, c’est une fierté à mes yeux. Et une fierté qui a un impact économique majeur. N’importe quel compagnie d’aluminium, partout dans le monde, worldwide, coast to coast (mini-dérape), qui va vouloir implanter cette technologie, et bien il va falloir qu’elle débarque dans notre patlin (le Québec), et qu’elle se rende dans un patelin encore plus creux (le lac), pour comprendre comment implanter ce système dans sa production. Et en plus, elle devra faire affaire avec Alcan, mais aussi avec les sous-traitants locaux qui ont développé l’expertise des pièces que l’Alcan ne fabriquent pas elle-même. Une technologie made in Quebec, exportée ailleurs, qui crée de l’emploi chez-nous, et montre qu’on est pas si “immobiliste” et si “insérez ici le terme lucide et démoralisant que vous trouverez“.
Par contre, je suis vraiment sensible à la logique présentée par l’homme en colère. Ce blogueur dénonce le fait qu’on aurait du cash pour les compagnies mais pas pour les programmes sociaux. Ces décisions proviennent de la préoccupation électoraliste des partis politiques qui considèrent que c’est plus “payant” de dire à la population qu’on vient sauver leur ville que de dire qu’on maintien les garderies à 5$.
À mon sens, c’est la population qui a perdu tous sens de la proportion sur le plan des montants alloués dans le budget de l’État. Dépassé un certain montant, on dirait que plus rien n’a de valeur. Quand les gens sont encore capable de calculer et de “voir” le montant, on dirait que ça fesse plus.
Prenez les scandales financiers. Le gouvernement fédéral va fourrer le système pour 400 millions $ et on va en entendre parler pendant 5 ans. 400 millions, c’est encore mesurables, c’est 400 fois le million de la loto. Quand des contrats militaires qui se compte par plusieurs milliards de dollars sont octroyés sans appel d’offre, y’a pas de problème.
Plusieurs milliards ?. Bah, c’est à peu près pas mal de fois la loto.
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