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Voilà que le gouvernement du Québec démarre un Xième comité sur la question du financement du système de santé.
Celui-ci respecte cependant un critère inévitable lorsqu’il est question de ce genre de réflexion : Les conclusions sont connues d’avance.
Personne n’ignore les positions de Claude Castonguay au sujet du système de santé.
Père de l’assurance-maladie, il est aujourd’hui en faveur du l’instauration de l’assurance-privé, de la modification de la loi canadienne sur la Santé pour permettre une plus grande implication du privé, de l’adéquation entre les cliniques privé et public, du ticket modérateur, etc.
Le Devoir titrait récemment :
Rencontre avec Claude Castonguay, Penser la santé à deux vitesses.
Henri Massé a cru bon de réfuter plusieurs idées de M. Castonguay avant même la première rencontre du comité.
Parmi les commentaires du Président de la FTQ, il y en a un qui attire particulièrement mon attention et qui permet d’ouvrir un peu plus largement le débat sur la question de la privatisation des protections sociales.
Lorsque j’utilise le terme privatisation, je fais référence à cette tendance qui préconise le recours au financement individuel plutôt que collectif des protections au sein de notre société.
Ce désir de faire en sorte que chaque citoyen possède sa propre banque d’avantages, qu’il a lui-même accumulé, à partir de son salaire.
M. Massé s’exprime ainsi:
“Nous invitons les employeurs du secteur privé à y réfléchir deux fois avant d’adhérer à l’ouverture sur une assurance-privée qui ne manquera pas, comme le démontre amplement l’expérience aux États-Unis, d’exercer une pression énorme sur les coûts”
Mais à quoi Henri Massé fait-il référence ?
Il me semble que selon l’adage, le recours à l’assurance privé pourra permettre à des citoyens de fréquenter des cliniques alternatives, de désengorger le système public et ainsi permettre une diminution des dépenses reliés à ce secteur. Cette dynamique permettra , éventuellement, de diminuer nos impôts et celles des entreprises, Non ?
Voilà qui pourrait soulager le “fardeau fiscal” des entreprises et nous assurer une meilleur “compétitivité”, Non ?
Et bien Non.
Non, Non et Non. Comme la poupée.
Ce qui me frappe toujours quand je vois le Conseil du Patronat s’époumonner sur le système de santé et la place que devrait y jouer le privé, c’est qu’il semble oublier qu’aux États-Unis, les entreprises ont souvent le lourd fardeau de défrayer les coûts des assurances de leurs employés.
Quoi que l’on en pense, pour une business, il est plus facile de prévoir la fluctuation du montant que l’on devra verser en impôt sur 10 ans que la fluctuation des coûts d’une assurance qu’elle devra défrayer. Surtour lorsque ce coût varie selon le nombre d’employés et les dépenses de l’année précédente.
D’ailleurs, les coûts astronomiques reliés à l’assurance-privé que le “Big Three” du monde de l’automobile devaient défrayer sont parmi les principaux facteurs ayant encouragé le développement d’usines en territoire canadien.
Ils étaient aussi une des sources de rigidité qui ont tant fait mal aux américains lorsqu’est venu le temps de se mesurer aux entreprises japonaises.
Bref, en matière de protections sociales, il n’y a pas 50 000 issus.
Si les coûts de ces protections ne sont pas financés collectivement par nos impôts, ces coûts seront alors transféré dans la sphère privé de nos activités quotidiennes.
Or, le milieu de travail demeure encore aujourd’hui un ancrage important en matière de financement des protections qui ne sont pas assurées par l’État.
Privatiser de telles protections, c’est envoyer dans le champ de la négociation collective un nouvel enjeu pour les travailleurs déjà regroupés collectivement.
Privatiser de telles protections, c’est précariser encore plus les travailleurs qui n’ont pas accès à l’action collective en raison de leur statut d’emploi. (travailleur autonome, faux-entrepreneurs indépendants, “sous-traitants” uniques, etc.)
Privatiser de telles protections, c’est “imposer” un nouveau “fardeau” aux employeurs en ce qui a trait aux coûts reliés à leur main d’oeuvre.
En terme de relations de travail, cette décision gouvernementale pourrait être excessivement “divertissante”.
Dans l’étude des négociations, l’enjeu du paiement d’une assurance-santé privé par l’employeur mèneraient certainement à des discussion, des compromis et des conflits tout simplement “fascinant”.
Ceci dit, en tant que citoyen, je pense que ce choix ne serait pas très éclairé.
Ni pour les travailleurs, ni pour les employeurs.
##Mise à jour##
L’attaché pol glisse aussi un mot sur ce comité.










Pour tous ceux qui s’intéressent à la question des conditions minimales de travail au Québec, voici un document de référence produit par