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Relance d’une scierie à Val d’Or : 125 emplois sauvés.
mai 14, 2007, 2:59
Classé dans : L'actu, sérieux là!

Comment ne pas se réjouir devant cette nouvelle à la lumière de la crise que traverse l’industrie forestière et les travailleurs qui y gagnent leur pain.

Cependant, à côté des psychodrames associés aux fermetures d’usines, la couverture médiatique de cette relance ne fera probablement pas le poids.

Un “méchant syndiqué” qui ne fait pas de concessions, ça fait un meilleur protagoniste qu’un travailleur syndiqué qui modifie sa convention collective dans le but de sauver son emploi et de contribuer à la relance de l’entreprise qui profite de sa force de travail.

Considérant le contexte qui caractérise ce secteur d’activité, je ne jugerai pas des concessions effectués par les travailleurs, mais elles sont majeures.
Applaventrisme et résignation ou prise en main et renouvellement de l’action syndicale?

Le communiqué original se trouve ici.

Nouveau contrat de travail accepté à 83 % – Relance de la scierie de Val d’Or

    VAL-D'OR, QC, le 14 mai /CNW Telbec/ - Réunis en assemblée générale hier,
les travailleurs de la scierie Val-d'Or ont accepté, dans une proportion de
83 %, les termes d'un nouveau contrat de travail qui permet de relancer
l'usine fermée depuis novembre dernier. D'une durée de cinq ans, la nouvelle
convention collective comporte des concessions des travailleurs, mais elle
contient une clause d'enrichissement qui suit la courbe des profits de
l'entreprise, si la filiale de Domtar devait redevenir rentable.
    "La négociation a été ardue, mais nous sommes fiers du travail accompli
puisque nos membres pourront retourner au travail dès le mois de juin, a
déclaré Sylvain Parent, président de la Fédération des travailleuses et des
travailleurs du papier et de la forêt (FTPF-CSN). Dans le contexte difficile
que traverse l'industrie forestière, avec ses quelque 12 000 pertes d'emplois
au cours des deux dernières années, il s'agit d'une excellente nouvelle. De
plus, il s'agit d'une entente qui nous permet d'innover, en ce sens que nous
nous assurons d'obtenir des hausses salariales en fonction de la rentabilité
de l'entreprise."
    Lorsque l'usine reprendra ses activités, 88 travailleurs répartis sur
deux quarts de travail seront à l'oeuvre. En août, 125 ouvriers travailleront
sur trois quarts de travail.
    Les concessions des travailleurs sont évaluées à environ 1 million de
dollars récurrents par année, un montant qui peut varier selon le prix du
bois. Ainsi, le fonds de pension passe d'un régime à prestation déterminée à
un régime à cotisation déterminée. Il faut savoir que, dans l'industrie
québécoise du sciage, seuls les travailleurs du groupe Domtar possèdent un
régime à prestation déterminée, les autres syndiqués ayant des régimes
hybrides ou à cotisation déterminée.
    Cependant, le syndicat fait des gains au chapitre des assurances puisque
l'employeur participera dorénavant aux coûts du régime, une première. A part
égale au début de la convention collective, l'employeur assumera 60 % des
coûts à la fin de la période couverte par l'entente de cinq ans. Ce qui est
considérable, compte tenu de l'explosion générale des couvertures d'assurances
constatée dans ce domaine.
    A l'origine, l'employeur demandait une concession salariale de l'ordre de
10 %. Les travailleurs ont accepté cette coupe, mais ont obtenu une formule
innovatrice qui permet une récupération, voire un enrichissement, si
l'entreprise renoue avec des profits. Dans le nouveau contrat de travail, le
salaire des ouvriers évoluera en fonction du prix de référence du bois
d'oeuvre des Grands lacs. Le taux de salaire sera ajusté à chaque six mois,
selon la moyenne des six mois précédents.
    La nouvelle convention collective accorde aussi des hausses générales de
salaire de 6,5 % pour la durée du contrat de travail : gel pour 2006 et 2007,
2 % pour 2008 et pour 2009, et 2,5 % pour la dernière année.
    Autre fait à noter, Domtar investira une somme de 6 millions de dollars
dans ses installations de Val-d'Or, un geste rare dans ce secteur, qui
témoigne également des intentions de la direction de l'entreprise de faire de
cette scierie une usine modèle.
    La FTPF-CSN est heureuse du dénouement de ce dossier dans lequel elle a
déployé beaucoup d'énergie pour permettre aux travailleurs de retrouver leurs
emplois. Elle souhaite d'ailleurs que cette entente inspire d'autres
négociations. La fédération, qui représente 13 000 travailleuses et
travailleurs du secteur du papier, de la forêt et des imprimeries, dans
185 syndicats partout au Québec, tient également à féliciter les travailleurs
pour le choix qu'ils ont fait.

Renseignements: Louis-Serge Houle, Service de l'information de la CSN,
(514) 598-2157; Source : Fédération des travailleuses et des travailleurs du
papier et de la forêt (CSN)


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