(rédaction à chaud)
Marois dégèle elle aussi.
Ouch.
La CADEUL et SSMU dégainent. Une réaction disons… sans équivoque.
Au moins, ça fait réfléchir.
La confession :
Je me pensais moins naïf politiquement depuis un certain temps. Mais là, je dois avouer que je me suis fait avoir. Totalement.
Advenant une course à la chefferie, je pense que je faisais le saut. J’avais presque le stylo à la main. Prêt à signer ma carte. La plume dans l’encrier pour les nostalgiques tiens.
Marois m’avais convaincu.
Je me voyais déjà mober.
Je voyais le PQ se calmer un peu sur le référendum et je m’en réjouissais.
Je voyais un parti politique capable de prendre le pouvoir qui allait (enfin) faire un pas sur sa gauche.
Je voyais le PQ mettre de l’avant son projet de “nouvelle” social-démocratie.
Avec Marois, j’avais l’impression que cette expression sans fond finirait par être un projet assez audacieux pour rassembler les égarés de ce parti.
Cette première position surprenante, le dégel des frais de scolarité, m’a fait l’effet d’une bonne douche d’eau frette.
La “nouvelle” social-démocratie :
Ils sont une belle gang au PQ à vouloir construire la “nouvelle” social-démocratie par les temps qui courent.
Facal, un groupe de jeunes militants , Laviolette et même Dubuc en parlent et s’y rallient.
Au lendemain de la dégelé du PQ, j’avais regardé l’analyse de Joseph Facal à Télé-Québec. Il parlait déjà de ce projet comme un nouveau tremplin pour le PQ. J’étais étrangement d’accord avec lui. Je dis étrangement parce que je me méfie généralement des propos de cet ex-ministre. Ça ressemble trop souvent à un cocktail d’idées de droite avec une couple de glaçons de gauche.
Constatant notre point en commun, j’ai cherché ce qui clochait. La réponse fut plutôt simple.
La “nouvelle” social-démocratie, tout le monde en veut, mais le PQ ne l’a pas encore définie.
À ma première session de maîtrise, quand j’utilisais le terme “nouveau” dans mes travaux, mon directeur de maîtrise finissait toujours par me rappeler de l’éviter. “Quelque chose de nouveau, ça ne veut rien dire”.
Dire que quelque chose est nouveau, dans le fond, c’est dire qu’un phénomène est différent mais sans savoir exactement comment le définir. C’est un aveu d’ignorance. Si on savait comment définir un terme, on ne perdrait pas notre temps à dire que c’est nouveau. On le définirait, tout simplement.
Mais le PQ s’embourbe dans sa “nouvelle” social-démocratie et est en train de créer un consensus incohérent autour d’un concept qui constitue un piège à con pour ceux qui vont s’y rallier avant de savoir de quoi il s’agit.
Ma “nouvelle” social-démocratie, c’est une réforme de nos institutions dans le respect de la tradition de concertation des acteurs sociaux qui caractérise le modèle québécois.
Pas de problèmes avec les réformes. Repensons nos politiques d’emplois, de soutien aux revenus, de formations. De A à Z s’il le faut. Revoyons le financement de nos universités, le modèle de développement de nos régions, name it. Ajoutez votre domaine d’expertise ici.
Mais le choix de la refonte de nos institutions qui datent des années 60, ce n’est pas un mélange indigeste soi-disant “non-idéologique” de mesures précarisantes et privatisantes soigneusement camouflées par un discours de velours sur l’importance de la solidarité sociale et du soutien aux plus démunis.
Des idées comme le dégel des frais de scolarité, ça n’a rien pour contribuer au renouvellement des idées politiques au Québec.
Si c’est cette voie que le PQ veut emprunter, il y a deux beaux partis politiques, moins compliqués à suivre et à gérer, qui proposent la même rengaine.
Quand je m’inquiétais du fait que le PQ ne ferait pas passer les “idées avant le chef” , c’est à ça que je faisais référence.
Marois à commencé à gravir l’escalier qui la mènera sur son trône d’ici la mi-juin.
À chaque fois qu’elle pose un pied sur une marche, elle semble trouver une nouvelle condition à son couronnement. À ce rythme, j’espère qu’une fois au sommet, de son trône doré, elle pourra contempler une salle de militants. Vide.
### MISE À JOUR ###
L’homme en colère vient de publier un très bon billet sur le même sujet.
6 commentaires jusqu'à présent
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Pauline Marois était ministre de l’éducation en 1996, pendant la grève générale. La grève, d’ailleurs, avait été lancée entre autre parce qu’au Sommet socio-économique elle avait confirmé les pires craintes du MDE en refusant d’inclure le gel dans le consensus. La FECQ et la FEUQ, qui ne voulait rien savoir de la grève, n’avait pas eu le choix de claquer la porte.
Comment par Nicolas mai 15, 2007 @ 9:28Je sais. Mais dans ma naïveté, je m’étais laissé attendrir par le fait que Marois disait avoir vécu des moments excessivement difficile dans la course au déficit zéro et j’avais réussi à me convaincre que Lulu devait être derrière le dégel.
Comment par tetoine mai 15, 2007 @ 9:36Belle analyse : Marois ne cesse, par ses déclarations pré-couronnement, de poser des conditions. “Qui m’aime me suive”, nous dit-elle. J’étais moi-même prêt, un fédéraliste convaincu, prêt à voter PQ… OUPS !
Comment par Anonyme mai 16, 2007 @ 12:45Belle analyse : Marois ne cesse, par ses déclarations pré-couronnement, de poser des conditions. “Qui m’aime me suive”, nous dit-elle. J’étais moi-même prêt, un fédéraliste convaincu, prêt à voter PQ… OUPS !
Comment par Maxime G mai 16, 2007 @ 12:46Ouais, hé bien, il faut comprendre que Pauline Marois est une habile politicienne. Aussi, il est évident qu’elle a compris que la plupart des péquistes lui mangeront dans la main.
Ce faisant, il semble qu’elle soit partie sur une lancée de recentrage ou “triangulation” comme le disait un ex-président d’un certain pays méridional au nôtre et amateur de cigares bien humidifiés.
Je suis persuadé que le PQ se dirige vers une troisième voie… à la différence qu’au Québec, il y en a déjà une incarnée avec l’ADQ! C’est ce qui arrive quand on se plaît à prendre Blair et Clinton comme modèles, ça nous fait oublier que le bipartisme typiquement britannique n’est plus tout à fait en vigueur chez nous depuis quelques années et les récentes élections ont enfoncé le dernier clou dans le cercueil de cette vieille tradition aristocratique, bien que le cadavre soit encore chaud.
Alors, ce sera à suivre dans les prochaines semaines, mais je parierais un gros brun (ce qui équivaut si je ne m’abuse à un billet de 25 cents Canadian Tire…) que le PQ va la trouver sa troisième voie: un joli cul-de-sac! Et ç’a tout plein d’avantages puisqu’on perd de vue ce qui se passe à l’extérieur quand on s’enfonce dans un cul-de-sac…
C’est-à-dire que l’ADQ va récupérer la majeure partie du vote de droite et centre-droite francophone (ce qui est déjà bien fait), le PLQ, la majeure partie du vote centre centre-droite franco-anglo-allo et cie phone (également déjà bien fait) et le PQ va chercher à gruger le centre-droit, un vaste buffet à volonté où deux gros joueurs se disputent déjà pour savoir qui pourra découper le premier sa pointe de tarte (ouais, dans la section dessert du buffet évidemment). Et il est à prévoir que la base militante plus à gauche au PQ va partiellement se greffer à Québec solidaire ou encore au Parti vert, mais le PQ va devenir réellement centriste.
Une petite leçon aux chantres du recentrage à tout prix qui se plaisent à verser dans le psitaccisme de bas étage: à trop vouloir être comme tout le monde, on ne devient plus personne (c’est l’inspiration du moment, merci!).
Jean-Luc
Comment par Jean-Luc mai 17, 2007 @ 12:50Les choses restent à suivre, mais effectivement, si le PQ a décidé de se revaloriser à droite, il va avoir de la difficulté à se trouver un parking entre les deux autobus qui forment déjà le gouvernement et l’opposition. Petit bémol par contre, il ne faut pas oublier la chute magistrale du vote francophone au parti libéral.
Comment par tetoine mai 17, 2007 @ 4:13