Classé dans : Contenu. Du vrai.
Ça n’arrête pas.
Tous les jours, il est possible de trouver un analyste, un journaliste ou un chroniqueur télé qui nous rappel que le modèle québécois n’est pas performant par rapport aux autres provinces canadiennes et surtout, par rapport à notre voisin du sud.
Même notre premier ministre, qui, en théorie, devrait s’afférer à détruire les mythes qui affectent la perception des performances de sa propre province, tombe dans le panneau.
“Nous sommes les plus taxés en Amérique du Nord”. Une honte. Un statut méprisant. À corriger. Au plus sacrant.
Résultat :
- On serait en train d’asphyxier notre économie.
- D’encourager la décroissance, l’inertie, la paresse.
- Notre système de protection sociale, lourd à financer, étoufferait les entreprises et découragerais les investissements.
Yeah Right.
Je viens de tomber sur un document particulièrement intéressant. Ça fait un moment que c’est publié, mais je l’avais pas vu passer.
La firme KPMG , un cabinet de service-conseil en fiscalité reconnue mondialement, qu’on ne pourrait qualifié de très à gauche, publie annuellement un document intitulé “Les choix concurrentiels”.
Version 2006 disponible ici.
Dans ce document, on apprend que la Canada se classe premier parmi les pays du G7 en ce qui a trait à la faiblesse des coûts reliés à l’établissement et à la gestion d’une entreprise privé sur son territoire.
Certains vont se dire qu’il y a l’Ontario, le BC et l’Alberta qui avantage la position canadienne.
Surtout l’Alberta, avec sa forte croissance et sa faible fiscalité. Quel paradis pour les entreprises. Comparé au Québec, où on est les méchants “plus taxés en Amérique du Nord”.
Et non. Le Québec s’y taille une place enviable. Et de loin.
La ville de Sherbrooke se classe première dans la catégorie “Amérique du Nord” et deuxième derrière Singapour dans cette étude qui comparent 9 pays industrialisés.
La ville de Montréal est la ville où il en coûte le moins pour faire des affaires parmi les grandes villes des pays du G7. Elle se classe même deuxième dans la comparaison internationale.
Voilà un résumé des facteurs pris en compte dans l’étude et de son échantillon :
L’étude de KPMG Choix concurrentiels, réalisée aux deux ans, mesure les 27 éléments de coûts –notamment la main-d’œuvre, les avantages sociaux, les installations, les impôts et les services publics –associés à plusieurs types d’activités dans les pays industrialisés. L’édition 2006 de l’étude comprend une analyse détaillée des coûts observés dans 128 villes dans neuf pays : le Canada, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, les Pays-Bas, Singapour, le Royaume-Uni et les États-Unis. Les comparaisons présentées dans l’étude se fondent sur les coûts de démarrage et d’exploitation, après impôts, de 17 types d’entreprises sur une période de 10 ans.
Une firme reconnue mondialement pour les conseils financiers qu’elle donne aux entreprises en matière de fiscalité déboulonnerait le mythe du Québec “étrangleur de capital”.
Notre modèle parviendrait à allier forte protection sociale et faible coût d’implantation pour les entreprises. Doit-on en être fier ? Absolument.
Mais il faut aussi être conscient qu’il s’agit selon moi d’un équilibre fragile. À l’évidence, au Québec, se sont présentement les perceptions qui l’emportent sur la réalité en matière de facilité d’investissement et de coûts reliés à l’exploitation des entreprises.
Si les perceptions continuent de l’emporter, si elles continuent d’être alimentées par une classe politique irresponsable, voir aveuglée idéologiquement, nous allons inévitablement continuer à réduire le “fardeau” fiscal et à éliminer certaines taxes aux entreprises. En bout de ligne, ces choix contribueront à l’effondrement des sources de financement de nos services publiques.
Or à la lumière de cette étude, de telles décision politique seraient totalement injustifiés, puisque nous sommes déjà parmi les endroits où il coûte le moins cher à une entreprise, sur une période de 10 ans, pour exercer ses activités….
Quand je tombe sur ce genre de perle, j’en reviens pas de voir comment on peut se faire bourrer…
L’IEDM et Elgrably peuvent aller se recoucher avec leur modèle économique qui compte plus d’hypothèses farfelues que de résultats probants.
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