Tetoine’s Palace


Antisyndicalisme primaire.

Les grands intellectuels du Québec ont encore sorti leur massue antisyndicale aujourd’hui.

Au menu: Une pauvre dame qui se fait battre dans le métro par son mari.

Les agents de surveillance du métro ne seraient pas intervenus.

Justification: Ce n’est plus notre mandat, il appartient maintenant à la police de montreal d’assurer la sécurité dans le métro.

Réflexe primaire de l’antisyndical de service:

Les agents de surveillance = le syndicat = la femme battue n’a pas eu d’aide à cause du syndicat.

Il y a des raisonnements que je ne comprendrai jamais.

Une seule question me vient à l’esprit:

Qui donne les directives dans un milieu de travail ? Qui donne les directives ?

Le syndicat ? Non.

La situation qui nous occupe concerne la relation entre la direction et ses employés.

Elle concerne une directive qui a été donné aux salariés d’une entreprises par son employeur.

En fait, si la convention avait été appliqué, les agents seraient intervenus, puisque cette tâche est incluse dans leur description.

Or, la STM a explicitement demandé à ses employés de ne plus intervenir puisqu’elle a conclut une entente avec la police pour assurer la sécurité dans le métro.

Lire entre les lignes: Lors de la prochaine négociation, les tâches des agents de la paix ne contiendront plus le maintien de la sécurité dans le métro, la STM pourra alors exiger une modification substantielle (à la baisse!) des conditions de travail puisque les tâches auront évoluées.

Est-ce que les agents auraient dû intervenir ?

Ont-ils exercé leur devoir de bon samaritain?

Le premier témoin de cette affaire qui fait la une à TVA aurait-il dû intervenir directement pour assumer, lui aussi, son rôle de bon samaritain ?

Ce sont là des questions excessivement pertinentes. D’ordre morale et légale. Pas syndicale.

Nous vivons dans un système économique où les salariés sont subordonnés à leur employeur et où le lien d’autorité s’exerce de la direction vers les employés.

Dans le cas qui nous occupe, il n’y a pas de lien entre la directive d’un employeur, la réaction des employés et le rôle du syndicat.

Comment pouvons-nous blâmer un employé d’avoir respecté les consignes de son employeur ?

Dans le contexte où la décision de confier une portion de leur travail aux policiers est contestée par les employés, comment l’employeur aurait réagi si les agents étaient intervenus ?

Comment les salariés, qui se sont fait demandé de ne plus intervenir parce que des policiers exerçaient maintenant cette tâche, pouvaient prévoir que la SPVM prendrait 17 minutes pour arriver sur les lieux ?

Les agents de surveillance se sont fait retirer le maintien de la sécurité du métro parce que la STM a considéré qu’ils n’avaient pas les compétences pour exercer ce rôle!

Et certains blâment les salariés et son syndicat ?

Si le syndicat a fait une erreur, c’est bien celle de commenter l’affaire.

Il appartient à la STM et au service de Police de justifier leur décision d’enlever le droit aux agents d’intervenir.

D’ailleurs, la commission des droits de la personne avait déjà décidé d’intervenir dans cette affaire avant que l’incident n’aie lieu. Certains agents peuvent devenir policier dans le métro, mais le choix semble excessicement restreint et contrôlé.


15 commentaires jusqu'à présent
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Je maintiens mon point. Il ‘agit ici, selon moi ;) , d’un cas où les syndiqués ont prouvé leurs mauvaises foi. En entrevue à RD!, la représentante des agents de la paix du métro a avoué que les agents n’auraient propablement pas reçu de réprimandes s’ils avaient agit. Ça coutait quoi de prendre 2 minutes pour calmer le gars en attendant la police? Leur crédibilité est maintenant rendue à -1000 à mes yeux.

Commentaire par Thierry Bélanger Clermont

Mon point, c’est que la question à savoir si les citoyens présents sur place devaient intervenir n’a pas de lien avec la présence d’un syndicat dans cet établissement.

Tout ce que je trouve déplorable, c’est d’utiliser une situation aussi malencontreuse et d’en faire un procès contre le syndicalisme. Le fait que des employés syndiqué pose un geste ne permet pas de conclure que c’est la faute “aux syndicats”.

À mon avis, même la porte-parole du syndicat prend trop de place dans cette histoire.

Où est la STM ?

Petit détail: Ton coup de gueule ne fait pas partie des inepties que j’ai lu aujourd’hui. Tu es sauf :) .

Commentaire par tetoine

la direction de la STCUM dit ne jamais avoir emis cette directive. La présidente du syndicat,qui était presqu’arrogante hier au téléjournal, dit que c’est une confusion dans le texte.
Il n’en demeure pas moins que les agents de sécurité se sevaient de porter secours à cette femme, si leur sécurité n’était pas menacée.
Bref, le syndicat en sort perdant.

Commentaire par jean-jacques

Je crois que la raison pour laquelle on fait le procès du syndicalisme dans ce cas est la perception générale de “je m’en foutisme” que les employés syndiqués en général projettent.

Ils ont un uniforme qui représente l’autorité et l’équipement et l’entrainement nécessaire pour contrôler un homme violent, mais ils attendent l’arrivée des policiers plutôt que de tenter de calmer le suspect. Et ils se cachent derrière la procédure?

Pas fort!

Commentaire par Philippe David

Dans mon esprit, il est clair qu’en tant qu’humain, quelqu’un devait intervenir. Le premier témoin ? les agents dans le coin ? C’est à voir.

À mon sens, l’image de “je m’en foutisme” est justement construite par le biais de ce genre de couverture. L’oeuf ou la poule ?

Commentaire par tetoine

Désolé Tétoine. Lis ça:

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La STM affirme que ses agents doivent intervenir
Le 20 juin 2007 – 18:55 | Olivier Caron [AgenceNews]

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En conférence de presse ce mercredi à 16h, Claude Trudel, président de la Société de Transport de Montréal, a réagi à un cas présumé de violence dans le métro lors duquel des agents de surveillance ne seraient pas intervenus.

Il a affirmé que la STM n’a jamais donné l’ordre à ces agents de ne pas intervenir lorsque des incidents surviennent, malgré la nouvelle présence de policiers du SPVM. Une enquête interne est actuellement en cours, et M. Trudel n’a pas donné d’autres détails.

Le président de la fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, a quant à lui affirmé mercredi en entrevue au réseau LCN qu’il n’approuvait pas le geste des agents de surveillance, mais que le climat de travail est difficile et qu’il ne souhaite pas que le geste soit sanctionné.

Rappelons que lundi dernier était la première journée en fonction dans le métro de Montréal des agents de police du SPVM en remplacement des agents de surveillance pour les questions de sécurité. Un incident assez particulier est survenu à la station Berri-UQAM, alors qu’une femme aurait été battue par son conjoint devant plusieurs témoins et des agents de surveillance.

Ces derniers ne seraient pas intervenus, malgré les protestations de certains usagers du transport en commun, argumentant que ce genre d’intervention n’était plus de leur responsabilité. La police ne serait arrivée sur place que 17 minutes après l’incident.

Le porte-parole du SPVM a par contre affirmé sur les ondes de RDI que les policiers auraient été sur place sept minutes après le premier appel. Chose certaine, la femme et son conjoint avaient déjà quitté les lieux. D’ailleurs, personne n’a encore porté plainte dans cette affaire.

Le syndicat des agents de surveillance du métro serait tout à fait d’accord avec la réaction des agents impliqués. Cette situation prouverait que ce sont eux qui sont le mieux placés pour intervenir, selon les propos de la présidente du syndicat Josée Massicotte rapportés par Radio-Canada.

Commentaire par le Bum intello

C’est d’une imbécilité profonde comme j’en ai rarement vu dans ma vie.

Je crois que les agents de surveillance du métro sont probablement frustrés d’avoir été relégués au 2e plan depuis l’arrivée des policiers. Et qui paye pour les orgueuils blessés de ces fonctionnaires ? Le peuple et surtout cette pauvre dame.

Où est passé le civisme ?

Commentaire par Machavalou

@Bum: Cette intervention est démenti par le syndicat. Qui a tord qui a raison ? On ne peut le savoir pour le moment.

Ceci dit, si vous avez regardé TVA et Radio-Canada ce soir, les deux chaînes sont allée interviewer des employés croisé dans le métro (et ils ont pris le temps de préciser qu’il ne s’agissait pas de militants syndicaux), et tout ces employés ont confirmé, devant la caméra, avoir reçu cette directive.

Je ne vois pas pourquoi un agent de surveillance irait mentir live à la télé et risquer sa job pour sauver le cul de son compagnon de travail. Honnêtement, je doute que la solidarité se rende jusque-là.

Commentaire par tetoine

Moi, je ne vois pas pourquoi les syndiqués diraient la vérité alors que tous les témoins occulaires furent outrés par la réaction lâche des agents de surveillance.

Je peux te jurer qu’avoir été là, j’aurais immobilisé le batteur de femmes et une fois ça fait, les agents de surveillance auraient eu affaire à moi.

Là, c’est pas une question d’antisyndicalisme. C’est une question de gros bon sens.

Un homme ne doit JAMAIS frappé une femme. Un point, c’est tout!

Commentaire par le Bum intello

Question niaiseuse : qu’est-ce que les agents de surveillance font dans le métro s’il ne peuvent pas intervenir? Une parade de mode? Info-tourisme sur patte?

Commentaire par Renart L'éveillé

Je partage le point de vue de Tétoine: ce n’est pas a priori une histoire de syndicat qui est derrière tout cela. Seulement, personne ne semble trouver étonnant que la STM elle-même se soit morfondue dans un profond silence et ait attendu hier après-midi avant de réagir.

Étant moi-même un “immigrant” originaire de Montréal, j’ai souvent constaté par le passé que la STM est plutôt vite sur le piton généralement en termes de relations publiques… surtout quand il y a une grève des employés! Bon, je ne me pencherai pas sur la pertinence des grèves à la STM, seulement pour rappeler que la société semble plus prompte à jeter la pierre à ses propres employés que de les défendre ou encore simplement clarifier une situation.

Non, mais, c’est toujours plus facile blâmer les “gros méchants syndicats”, sport dans lequel excellent bien des éditorialistes bien-pensants. Seulement, je tiens à faire remarquer que lorsqu’une directive est transmise aux employés et qu’elle concerne de surcroît une question de sécurité, ne pas la respecter peut entraîner carrément une suspension ou un renvoi définitif. Sans compter le fait que, si on présume que le plan de sécurité est en théorie efficace, alors là, chaque rôle est défini précisément et ne pas s’en tenir à ce rôle peut compromettre l’ensemble du plan. Cela dit, dans ce cas-ci, cet événement très déplorable (mais hélas, combien de fois répéré derrière les portes closes?) illustre à merveille l’inefficacité du plan de sécurité à la STM.

Et mettons-nous un peu à la place de ces agents qui se font dire de référer tous les cas de violence directement à la police et d’attendre l’intervention. En plus, on ne connaît pas tous les détails de cette histoire, peut-être l’homme était-il armé? Enfin, simple supposition, mais tout de même, je ne pense pas qu’on puisse reprocher quoi que ce soit au syndicat, qui lui au moins a pris la peine de clarifier la situation aux médias, alors que c’est normalement le rôle des porte-parole de la STM.

Le syndicat aurait pu se contenter de ne pas commenter, mais il me semble que sa décision a forcé la STM a se mouiller. Malheureusement, soit que la STM mente, soit que la directive au sujet des cas de violence provienne d’un quelconque cadre qui n’en avait pas référé à ses supérieurs. Autrement, je ne vois pas pourquoi les agents de sécurité se seraient gênés de maîtriser l’homme. Par le passé, ils en ont maîtrisé plus d’un, que ce soit pour des cas de violence légère ou encore des gens qui passent sans payer (oui, oui, ils peuvent les arrêter parfois). Pour la petite histoire, je me suis fait avertir à quelques reprises de ne pas fumer dans les sorties de métro (oui, je sais, c’est pas gentil, pardon mononc) ou encore pour être “assis par terre” sur le quai (sic!), alors aussi bien dire qu’ils prennent généralement leur rôle au sérieux…

C’est d’ailleurs assez étrange que cette histoire arrive justement quand il y a un transfert de responsabilités à la police, signe à mon avis que les directives de sécurité ne sont pas très claires ou très bien comprises. On peut considérer les agents comme des lâches, c’est un point de vue qui se défend bien que je ne le partage pas. Mais arrêtons de mêler le syndicat là-dedans, ça dénature complètement le débat.

Il s’agit surtout d’une question de problème dans l’application de procédures de sécurité et, même si c’est extrêmement regrettable ce qui s’est passé et surtout pour la femme battue évidemment, il ne faut pas jouer avec les “bons sentiments” pour dire que les syndicats laissent les femmes se faire battre… Après ça, on est pas loin des communistes qui mangent leurs enfants! ha ha ha! Quelle nostalgie des bonnes années du maccarthysme qui me revient soudainement… Vivement le jour où André Pratte écrira un texte sur “Les syndicats défendent des tueurs en série qui battent leurs femmes et font des attouchements sur des mineurs alors qu’ils sont en état d’ébriété et qu’ils conduisent trop vite sur l’autoroute”…

Enfin, toute cette histoire a eu le mérite de mettre sur la place publique le fait que la mise en service du nouveau poste de police au métro Place-des-Arts n’est pas exempte de problèmes d’adaptation. Non pas qu’on ait besoin d’une victime pour y arriver, mais bon, maintenant que c’est fait, aussi bien se poser la vraie question: quel sera le rôle des agents de sécurité du métro?

- Jean-Luc, délinquant occasionnel aux règlements de la STM (surtout à l’adolescence!)

Commentaire par Jean-Luc

@Bum: Voilà justement le raisonnement que je dénonce. En quoi le fait d’être syndiqué pousserait à ce genre de comportement ? Est-ce réellement le fait d’être syndiqué qui est en cause ici, ou seulement une action posé par des employés en train de faire leur travail ?
C’est ce que j’appel de l’antisyndicalisme, perdre la notion du lien d’emploi dans l’analyse d’une situation au profit du seul fait qu’un individu est syndiqué.
Lorsque tu prétend que “tu ne vois pas pourquoi les syndiqués diraient la vérité” alors que les témoins étaient outrés, je ne comprend pas ton raisonnement.
Il s’agit de savoir si la directive avait été donné ou non… je ne vois pas commment les témoins pourraient être au courant.
Qu’on me comprenne bien : je ne m’attaque pas ici au fond du problème, c’est-à-dire si les agents devaient intervenir ou non. Je m’attaque au raisonnement simpliste qui voudrait que parce qu’ils sont syndiqués, les agents ont agit de la sorte.
@ Renard: Depuis lundi dernier, les agents sont supposé surveiller le paiement et assurer qu’il n’y a pas d’embouteillage. C’Est tout à fait ridicule et c’est probablement la raison pour laquelle ils voulaient conserver le droit d’intervenir dans de pareilles situation.

Commentaire par tetoine

@Jean-Luc: Effectivement, voilà la vraie question qu’il faut se poser à partir de maintenant: quel est le rôle des agents de surveillance et comment devraient-ils intervenir. Pour le reste tu complète très bien mon analyse, merçi.

Commentaire par tetoine

Plutôt drôle cela, des employés se font dire qu’ils doivent aller se chercher de l’emploi ailleurs sous prétexte qu’ils n’ont pas les compétences pour faire régner la sécurité dans le métro. Le plus drôle là-dedans, c’est que même si les policiers de la SPVM n’étaient pas encore arrivés (la transition ne semblait pas être complète), les anciens agents ont plutôt choisi d’agir comme des poteaux. Franchement, ces anciens agents auraient pu se rendre utile en arrêtant le forcené qui battait sa femme.

Commentaire par Le petit historien

Blâmer les syndicats, encore et toujours. Qu’ils sont méchants ces syndicats! Je ne peux que vous référer à mon opinion à ce sujet:

pourquedemainsoit.blogspot.com/2007/06/la-stm-fait-encore-des-siennes.html

Commentaire par Jimmy St-Gelais




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