Tetoine’s Palace


De la réthorique.
juin 25, 2007, 2:56
Classé dans : Joseph Facal, PQ, QS, Québec solidaire

Je vous avais dit que je reviendrais sur le fond. J’ai menti.

J’ai opté, comme M. Facal, pour la réthorique.

Juste pour m’amuser. Pour montrer à quel point il est facile de ridiculiser un propos quand l’argumentation, le respect de son interlocuteur et la réalité des faits passent en deuxième.

Voyons comment nous pourrions servir à Joseph Facal sa propre réthorique:

M. Facal écrit:

Pour le reste, rien de bien nouveau: sur ces dangers mortels que seraient le privé en santé et le dégel des frais de scolarité, Québec solidaire est aussi prévisible que Benoît XVI sur l’homosexualité et la contraception.

Réplique sur fond de réthorique idéologique inversée:

Pour le reste, rien de bien nouveau: sur ces nécessités salvatrices que seraient le privé en santé et le dégel des frais de scolarité, le parti Facal est aussi prévisible que Jeff Fillion sur l’État et les syndicats.

M. Facal poursuit:

Évidemment, toujours rien sur le développement économique, concept dénué de sens sur leur planète. Mais je suis sans doute endoctriné par l’idéologie néolibérale.

Si vous avez le mauvais goût de vous demander ce que Québec solidaire propose à la place pour financer nos hôpitaux et nos écoles, c’est que vous n’avez pas encore ouvert votre coeur et votre esprit à la divine parole : Québec solidaire taxera davantage tout ce qui bouge encore au Québec.

Réplique sur fond de réthorique idéologique inversée:

Évidemment, toujours rien sur la justice sociale et la lutte aux écarts de richesse, concept dénué de sens sur leur planète. Mais je ne suis sans doute qu’un sale socialiste, endoctriné par une idéologie s’étant effondrée en même temps que le mur de berlin.

Si vous avez le mauvais goût de vous questionner sur les impacts de la privatisation croissante de nos services publics et sur les effets du passage d’un endettement collectif vers un endettement individualisé, c’est que vous n’avez pas encore ouvert votre coeur et votre esprit à la divine parole: Le parti Facal pourra enfin compter sur l’équilibre généré par un vaste marché libre de toute contraintes étatiques brimant constamment son potentiel d’efficacité.

Conclusion sur fond de réthorique idéologique inversée:

Au Québec et dans le monde, depuis les deux dernières décennies, on ne compte plus les échecs reliés aux tentatives de privatisations effectuées au nom d’une recette économique universelle qui pourrait être appliquée unilatéralement et dans le non-respect des institutions et des cultures en place. Décidémment, nos grands penseurs québécois mettent du temps à remettre en question leurs solutions prévisibles, construites au nom d’une théorie économique qui ne tient plus la route.

Avouons-le, ce billet n’est qu’un jeu.

Un simple exercice de réthorique qui ne représente pas adéquatement la pensée et les nuances que M. Facal pourraient y inscrire. Un exercice facile qui ne fait avancer en rien les questions de fonds reliés aux grands enjeux politiques de notre société.

Voilà pourtant la voie que M. Facal a choisi pour élaborer sa critique d’une portion de la gauche québécoise. C’est regrettable.


11 commentaires jusqu'à présent
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T’as mon vote!

Hé hé!

Commentaire par Renart L'éveillé

Hum, te serais-tu inspiré de ce que j’avais timidement commencé à faire sur Alain Dubuc ?

Commentaire par Maxime G.

@ Maxime: Honnêtement, non.

Si je l’avais fait, je t’aurais mis en référence avec plaisir, j’accorde beaucoup d’importance à ce principe de la blogosphère.

Commentaire par tetoine

Hihi. Enfin, tu n’as pas réinventé la roue, mais c’était assez divertissant de voir te voir planter Facal :) … Des fois, je me demande où il va chercher son étiquette sociale-démocrate.

Commentaire par Maxime G

Même s’il s’agit évidemment d’une critique envers Joseph Facal, mon objectif premier demeure de montrer à quel point ce genre d’argumentation ne mène nul part lorsque l’on veut mener une discussion ou un débat politique.

Commentaire par tetoine

Bonjour, ce commentaire est plutôt consacré à la réponse que tu as laissée hier dans un billet que j’ai écrit sur l’Afghanistan.

Tu avais dit:”Peut-être que nous devrions faire un octroi inversé entre le budget militaire et celui de [l'Association canadienne de développement international] (ACDI).”

Cela veut dire octroyer 20 milliards à l’ACDI et au moins 200 millions à l’armée canadienne? Je trouve cette solution somme toute simpliste. Les représentants du Canada sont dans la province de Kandahar, une province proche de la frontière pakistanaise. À cause de cela, les Talibans n’ont aucune difficulté à franchir la frontière pakistanaise pour se réfugier au Pakistan et revenir par la suite s’en prendre à nos soldats dans les districts de Panjwayi, Reg et Shorabak, en particulier. Bref, “faire un octroi inversé”, comme tu le dis, ne permettrait pas à nos troupes de protéger efficacement les représentants de l’ONU et ceux de l’ACDI contre les Talibans.

De plus, le 26 février 2007, Stephen Harper a annoncé que l’ACDI recevra un financement de 200 millions. Avec cette somme, l’ACDI a soutenu que l’argent mis à sa disposition est suffisant pour aider les Afghans lorsqu’on regarde ses réalisations.

Même si je suis en désaccord avec ton point de vue, j’apprécie beaucoup le débat que tu soulèves avec ton commentaire. Merci.

Commentaire par Anh Khoi Do

Je visite ton blogue Anh Khoi Do, alors si tu désires répondre aux commentaires que j’y laisse, fais-le dans tes billets. Cela facilitera la cohérence des discussions sur mon blogue, à propos des billets que je publie.

Ceci dit, ma suggestion était effectivement très simpliste et irréalisable, lorsque tu la place dans le contexte d’aujourd’hui, avec les décisions qui ont été prises depuis le début du conflit, et même avant. Mon intervention visait à démontrer qu’avc les moyens qui sont mis à la disposition de nos forces militaires, on pourrait penser à d’autres formes d’action. Comparer par exemple l’initiative canadienne et l’initiative américaine en matière de lutte aux pavots, et vous réaliserez que l’éradication n’est pas toujours la meilleure solution.

Commentaire par tetoine

Bon exercice de ta part! J’ai bien aimé lire ton billet! Il ne faut oublier que Facal publie dans le journal de mtl, un journal où la nuance n’est pas de mise! Parfois, il a de la difficulté à cacher son jupon libéral…

Commentaire par Folliculaire

Joseph Facal est revenu sur son billet suite à la réaction de nombreux blogueurs qu’il qualifie de “pseudo-progressiste”. Il souligne que son billet en était un “d’humeur”.

Commentaire par tetoine

Bel exercice!

Il faut savoir que le mot «réthorique» n’a pas toujours eu la connotation péjorative qu’on lui accorde aujourd’hui. Socrate, selon ses propres dires, s’adonnait à la réthorique. Le mot a été perverti dans les réinterprétations des philosophes grecs faites par les Scholastiques.

J’ai lu en diagonale, mais tu ne sembles pas utiliser le mot «démagogie», ce qui est bien. Le discours de Facal est plus sophistique que démagogique.

Pour une différenciation sommaire entre les 2… mon blog!
héhé

Commentaire par D'Ju

Merçi D’ju pour ces précisions, en cherchant une définition du mot “réthorique” pour m’assurer que je l’utilisais dans le bon sens, je suis effectivement tombé en premier lieu sur les explications d’origines et j’ai eu un doute à savoir si je n’utilisais pas ce mot de façon erroné depuis un bon bout de temps. J’ai finalement compris que son sens avait évolué.

Bon billet sur ton blog à ce propos en passant.

Commentaire par tetoine




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