Classé dans : Blackburn, PCC, Syndicats, conservateurs, grève, loi antiscabs, parti conservateur
Pincez-vous.
Profitez-en, je m’apprête à ne pas vilipender le ministre Blackburn dans le dossier du rejet du projet de loi antiscabs déposé par le bloc québécois.
Le plaisir s’arrête ici. Sur le fond, je suis en faveur d’une mesure contre les briseurs de grève dans les secteurs de compétence fédérale, comme c’est le cas dans les provinces du Québec et de la Colombie-Britannique.
Toutefois, je vous avouerai honnêtement que je n’ai jamais été très ému devant cette manoeuvre de l’opposition que je qualifierais de piètre ballon politique.
Voilà. Je pense que ce projet n’était qu’un simple ballon d’hélium que les députés regardaient monter pour mieux gager sur le moment où il serait prêt à éclater.
Bref, une simple peau de banane “échappé” par le BQ et le NPD sur les chemins du parti libéral et du parti conservateur.
Je pense que personne dans cette chambre n’y a cru. Le dépôt de ce projet n’était qu’une simple stratégie pour repositionner les partis sur une question sensible sur le plan syndical à l’échelle canadienne.
Aux dernières élections fédérales, le NPD a vu ses appuis syndicaux glisser légèrement du côté libéral. On se rappel l’émouvante poignée de main de Buzz Hargrove à Paul Martin.
Ce projet de loi venait alors remettre les pendules à l’heure. Le PLC, hésitant au départ, a dû se ranger du côté patronal pour faire avorter le projet de loi. Le NPD reprend donc seul le flambeau syndical. De quoi donner un peu de munition aux militants sur le terrain qui, soit dit en passant, en auront bien besoin.
En fait, il fallait être un grand rêveur pour s’imaginer que le dépôt de ce projet allait au delà des basses tractations entre partis politiques.
Après 10 ans de tergiversations sur cette question sous un règne libéral, ça prend toute une dose d’optimisme pour penser qu’un tel projet aurait pu être adopté par un gouvernement conservateur minoritaire qui a devant lui une opposition officielle… libérale.
Il y a des limites aux vertus d’un gouvernement minoritaire.
Ce qu’il y a de positif dans cette histoire, c’est de voir que le ministre Blackburn, à travers ses justifications, semble comprendre quelques notions de bases en terme de régime de relations de travail:
1. Contrairement à Mario Dumont, le ministre Blackburn connaît la définition légale du terme “service essentiel”.
2. Au moins, le ministre reconnaît que la modification d’une telle définition nécessite une large consultation des organisations patronales et syndicales.
3. Finalement, contrairement à M. Dumont, le ministre Blackburn admet d’entrée de jeu que l’augmentation des exigences reliées au service essentiel peut engendrer des conséquences indésirables sur le plan de la négociation entre les parties.
Pour le reste, étant donnée que je suis en désaccord avec M. Blackburn sur le fond, je vous avouerai que je trouve que la justification du rejet qu’il nous sert ressemble à de la belle bouette incohérente.
Le but du jeu avec un ballon politique, c’est de récupérer les arguments qui nous plaisent et qui peuvent servir… ailleurs.
3 commentaires jusqu'à présent
Laisser un commentaire
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <pre> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>










Désolé Antoine, ça n’arrive pas souvent, mais je dois te rappeller à l’ordre.
Comment par V juillet 5, 2007 @ 1:38Depuis 1997, le Bloc Québécois dépose année après année son projet de loi anti-scabs qui est toujours soit rejetté, soit laisser pour mort au feuilleton. Cette position, loin d’être un ballon politique, est une des positions traditionnelles du Bloc et je pense que la constance de leur défense de cet enjeu témoigne du sérieux de leurs démarches.
Je dois avouer qu’étant donné que le terme “ballon politique” comporte une connotation plutôt éphémère, cela porte à confusion. Je sais que le Bloc dépose ce projet depuis une dizaine d’années, et justement, cela semble une évidence à mes yeux qu’à moins d’un tournant majeur à Ottawa (dans un autre sens que le tournant conservateur), cette démarche demeure vaine.
Pourquoi vouloir prouver année après année que le parlement ne désire pas favoriser l’avancement du pouvoir collectif et la négociation collective? Juste à lire les programmes, j’avais compris.
Comment par tetoine juillet 5, 2007 @ 2:05en fait, c’est depuis 1990 que le BQ dépose un projet de loi semblable à chaque session. D’ailleurs, cette année là, c’est à cause du NPD que la loi n’avait pas été adoptée. Blackburn avait voté pour.
Le BQ dépose cette loi à chaque session parce que ses appuis progressent. Au début, elle était rejetée massivement en deuxième lecture. Puis, Monique Guay est passée proche de la troisième lecture en 2002 (le NPD s’étant réveillé). En 2004, ils reviennent à la charge : gouvernement minoritaire et nouveau premier ministre… mais pas le temps de voter, l’élection de 2006 arrive trop tôt.
Il était donc normal de recommencer cette fois-ci. Et c’était la bonne : les libéraux, maintenant dans l’opposition, ont votés pour la deuxième lecture, mais ont backés à la troisième…
Parlez à Monique Guay, Carole Lavallée ou Louis Plamondon de ce dossier quand vous en aurez la chance. Vous verrez que ce dossier est loin d’être un simple ballon politique.
Je ne dis pas qu’il y en a pas… le vote sur la nation, ça c’était une balloune ! mais pas la loi anti briseur de grève, ni les bonifications à l’assurance emploi.
Comment par Philippe juillet 13, 2007 @ 12:40