Classé dans : Le soleil, chambre de commerce, immigration, mystère, québec, ville de québec
20% des immigrants ne restent pas à Québec.
Le Soleil publie ce matin une nouvelle qui fait écho à une réalité bien connue dans la Capitale nationale.
Remarquez, on aurait très bien pu titrer; 80% des immigrants restent à Québec.
Mais bon, ce n’était probablement pas l’effet recherché.
On dirait qu’il est devenu coutume dans cette ville, deux ou trois fois par année, de sortir les tintamarres et de recréer un psychodrame régional en partant de ce problème de rétention.
S’il est bien important, ce problème, disons qu’on ne peut pas accorder la même crédibilité à la couverture médiatique qui l’accompagne.
Aujourd’hui, les ligne ouvertes des radios de québec vont probablement se gargariser de raisonnements simplistes pour expliquer le phénomène. Généralement, tout tourne autour de la question qui fait mal; Sommes-nous raciste ?
Les gens sérieux, ceux qui s’intéressent réellement à la capacité de rétention des terres d’acceuil, n’auront pas voix au chapitre. Ils ne feront pas partie du questionnement, du débat.
Leur raisonnement apparaît probablement trop compliqué pour être synthétisé en deux lignes et faire un bon reportage. Sans oublier que leurs conclusions écartent généralement les idées préconçues sur la population de la ville, ce qui n’a rien de sexy pour faire un bon topo.
Quand la nouvelle sort, ce sont les chambres de commerce qui montent au front.
Inadéquation entre compétence des immigrants et emplois offerts.
Surspécialisation des immigrants qui arrivent ici.
Preuve à l’appui: On nous sort la mythique légende du déséquilibre entre l’offre et la demande.
Voilà. Tout le monde est convaincu.Si le porte-parole est habile, le message passe bien.
Mais parfois, on sent un petit relent de “cheap labor”.
Je nous revois au début du siècle: On veut des immigrants, mais pour jouer les briseurs de grève.
Pourtant, nous avons à Québec un pole d’attraction et une structure d’acceuil non négligeable; L’Université Laval.
Même s’il est toujours possible de faire mieux, elle est de loin l’institution qui fait le plus dans la région pour encourager l’attraction d’étudiants étrangers, leur intégration et leur formation.
Je me demande bien comment on peut expliquer à un étudiant étranger pourquoi le québécois assis à côté de lui dans sa classe s’est trouvé une job à Québec sans se faire dire qu’il était “surspécialisé”.
Voilà un des aspects dont parle trop peu quand il est question d’intégration; La responsabilité des business, du milieu de travail, des patrons qui embauchent.
Les chambre de commerces sont vites pour monter au front, réclamer un nouveau programme de financement pour faciliter l’intégration, pour “recréer l’équilibre” entre l’offre et la demande, mais qu’en est-il des politiques et de la culture interne de leurs membres ?
Si ces aspects ne sont pas “très tape à l’oeil”, ils sont pourant au coeur du problème, et ne nécessitent pas des ressources énormes pour le régler. Ne serait-ce qu’une volonté et une ouverture d’esprit.
En avril 2006, j’assistais à un forum organisé par la jeune chambre de commerce de Québec, et la question de l’immigration est ressortie.
Des chercheurs sont allés au micro et ont mis le doigt sur ce malaise.
Le message était clair:
- Arrêtez-donc de vous demander si le ciel arrivera à créer un équilibre sur le marché entre les compétences des immigrants et vos besoins.
-Demandez-vous plutôt ce qui arrive avec le CV d’un immigrant qui arrive sur le bureau du tri au moment de choisir les candidats pour une entrevue.
-Demandez-vous plutôt s’il y a une structure d’acceuil au sein de votre entreprises pour faciliter l’intégration de la main d’oeuvre dont vous avez tant besoin.
-Demandez-vous ce que vous pouvez faire pour l’immigrant, pas ce que l’immigrant peut faire pour vous.
Silence dans la salle.
On entendait les quelques soubresauts de dirigeants qui s’étouffaient avec leur cocktail.
Difficile de se faire dire ses quatres vérités.
13 commentaires jusqu'à présent
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Très juste, Antoine.
Commentaire par V juillet 23, 2007 @ 2:20Dans les catégories “explication faciles des radios de droite” et “excuse simpliste des chambres de commerce”, tu oublies par contre de mentionner la Loi 101. En effet, c’est elle qui empêcherait les immigrants de s’intégrer et de sentir bien à Québec si ils ne parlent pas français ! Selon mon souvenir, un homme d’affaire proposait même il y a quelques années de l’abolir pour la région de Québec !
Dans une ville qui se trouvent en équilibre de sur-emploi, ce serait certainement un bon moyen pour attirer des femmes de chambre latino-américaines à 7$ l’heure. C’est pas
ça par contre qui va permettre à des professeurs, des médecins et des ingénieurs de prendre leur place dans le marché du travail de la région…
Je parlais justement à un ami dont le prénom est Tarek. Son nom est également d’origine moyen-oriental. En fait, il est libanais et chrétien. Mais son nom de raisonnance arabe est susceptible de lui fermer des portes, bien que ma curiosité n’est pas allé jusqu’à demander où il avait appliqué. Quoiqu’il en soit, il n’a eu aucun rappel, à ce qu’il m’a dit.
Bref, raciste ? Disons qu’entre le CV d’Étienne Bilodeau et celui de Rachid Hussein, on va préférer le premier.
Commentaire par Maxime G. juillet 23, 2007 @ 6:12Abolir la loi 101 ne changerait rien la situation des immigrants dans la ville de Québec. La très grande majorité francophonie ne va pas soudainement changer son affichage commercial pour la “femme de chambre latino-américaine” se sente chez elle et comprenne ce qui est écrit. La langue d’usage courante va resté le français, loi 101 ou pas.
Commentaire par Thomas juillet 24, 2007 @ 1:05Intéressante votre discussion sur la loi 101. Honnêtement, je n’avais jamais remarqué que cet argument était parfois utilisé pour ce qui est de la région de québec.
Commentaire par Tetoine juillet 24, 2007 @ 1:28Bah ! C’est connu, les gens de gauche, obsédé par leur combat contre le kapital, n’ont jamais prêté une grande attention au vrai ennemi de l’ouvrier canadien-français : les boss anglais ! Se dire de gauche, ok, mais nationaliste, quand même !
Commentaire par V juillet 24, 2007 @ 3:09Je te tire la pipe, tu sais bien à quel point je t’aime. :p
Hehe, je suis resté bête jusqu’à ce que je vois ton nom… le capital a une patrie maintenant ?
2 minutes pour mauvaise conduite, mais pour te montrer ma bonne foi, je te laisse en lien sur mon billet concernant de Gaulle.
Commentaire par tetoine juillet 24, 2007 @ 3:21L’une des raisons pour laquelle beaucoup d’immigrants ne veulent pas aller vivre en-dehors de Montréal, c’est parce que bon nombre d’entre eux ne parlent pas le français. En plus, inutile de dire que beaucoup d’immigrants ont tendance à faire un transfert linguistique vers l’anglais. S’ajoute aussi à cela leur désir (que je trouve personnellement très pathétique) de vouloir être proche des membres de leur groupe ethnique.
Commentaire par Anh Khoi Do juillet 26, 2007 @ 2:02Je suis membre des ”immigrants” comme vous dite.
Ma famille est moi sommes arrivé ici il y a 20 ans presque jour pour jour. Nous venons d’un pays africain francophone. Le Canada n’était pas notre premier choix pour l’immrigration, car nous sommes refugié politique. L’ambassade du canada et le bureau du quebec nous avait certifié que le Canada était un pays bilingue et que nous pourrions travailler en francais rendu au Quebec. Nos diplome serons reconnu et que nous n’aurions qu’ a passer quelque examen et mise a niveau pour l’intégration.
Quel surprise en arrivant ici, nous nous sommes fait dire que si on ne parle pas l’anglais et bien, on n’aura pas de bons travail!!!
Voila le problème des immigrants francophones au quebec. Et arrêter de nous faire pleurer avec vos ”les immigrants ne parle que l’anglais, ou il sont attiré par l’anglais”.
Quand vous pourrez garantir au immigrants francophone de pouvoir travailler en francais, alors là vous aurez la retention que vous recherchez. Pour mon compte, j’ai 26 ans et je demenage bientôt a toronto pour un travail mieux remuneré, Vive le Francais au Quebec…
Commentaire par L'immigrant juillet 29, 2007 @ 2:01Il est clair que la maîtrise du français comme langue maternelle ne dispense personne d’apprendre d’autres langues, que ce soit dans un but culturel ou marchand.
Commentaire par tetoine juillet 29, 2007 @ 3:03jterouve que ces correct mais sa pue
Commentaire par Magalie octobre 16, 2007 @ 3:28it’s VERY NICEE!! I LOVE IT
Commentaire par choucroute octobre 16, 2007 @ 3:31Je ne suis pas Québécois, mais je constate que le problème de fond est le même : on pense problème et pas solution ! Exemple ? Quand les scientifique disent : “- Arrêtez-donc de vous demander si le ciel arrivera à créer un équilibre sur le marché entre les compétences des immigrants et vos besoins.”
La bonne question, me semble-t-il, est : pourquoi n’arrivez-vous pas à exprimer une demande telle que les bonnes compétences soient attirées ? L’emploi - immigré ou pas - implique une vision d’avenir. Sauf à considérer les hommes comme des choses à jeter. A part obtenir des résultats trimestriels propres à séduire la bourse, je ne vois pas vraiment, ici et là, de projets industriels réels. Ne cherchez plus l’erreur…
Commentaire par Patrick Yeu novembre 26, 2007 @ 4:11la réponse la plus probable est.
Commentaire par sagesse décembre 24, 2007 @ 10:43c’est un peuplement ou disont colonéalisme l’essentielle pour le quebec c’est qu’ils y a des gents qui circulent dans les rues qu’ils travaillent ou non ca ce n’est pas la question