Classé dans : Alain Bouchard, Couche-Tard, Journal de québec, Le soleil, Media Matin Quebec, MediaMatinQuebec, Quebecor, Syndicats, lock-out, négociation, négociation collective, relations de travail
Depuis le déclenchement d’un lock-out par la direction du Journal de Québec, le syndicat frappe fort.
MédiaMatinQuébec, journal local alternatif lancé par le syndicat, atteint un degré de popularité que les syndiqués ne pouvaient espérer.
Généralement présenté comme un des plus “mous” de son secteur d’activité, le syndicat du journal de Québec est en train de résister à la fronde de Québécor par le biais d’un moyen de pression plutôt… original.
Les employés ont tout simplement reproduit leurs tâches, dans une autre entité que celle de leur employeur.
Si les journalistes sont en train de remporter la bataille de la sympathie du public, le conflit, lui, continue de s’étirer.
Hier, MediaMatinQuébec nous apprenaît la dernière réplique de l’employeur;
Faire en sorte que MediaMatinQuébec ne soit plus distribué dans les Couche-Tard de la région.
Et la manigance a fonctionné.
Pourquoi ? Parce qu’un hasard ne vient jamais seul.
Notons que M. Alain Bouchard, un des fondateurs de Couche-Tard, siège sur le conseil d’administration de Quebecor.
Si l’on adopte la logique d’affrontement que la direction de Quebecor a choisi dans le cadre de cette négociation , on peut aisément comprendre le désir de l’employeur de vouloir contrer ce nouveau moyen de pression plutôt déstabilisant.
Mais la réponse affirmative d’un commerce de la région, elle, est plutôt suprenante.
Surprenante ? Non. Oubliez ça. Je n’ai rien dit.
Cette réponse ne fait qu’illustrer la triste nature de notre environnement économique. Elle illustre le constat que peu importe le moyen de pression utilisé par le syndicat, même s’il évite le recours à la “méchante” grève, les fondements du conflit au cours d’une négociation demeurent.
Les business avec les business.
Les syndiqués, les travailleurs, les salariés, seuls.
À la remorque de l’appui de l’opinion publique qui vient si rarement.
Avec l’espoir que leur moyen de pression pourra durer assez longtemps et que le résultat de la négociation pourra résorber la perte de salaire engendré par le conflit.
Quebecor a toutes les caractéristiques d’un employeur qui ne veut pas négocier.
Cette organisation semble prête à dilapider ses avoirs en frais juridique avant de retourner se rassoir à la table des négociations.
Il faut dire que leur campagne de pré-négociation était bien-huilée;
– Faire passer les syndiqués pour des gras-durs, peu importe si leur demande ne concernent pas les salaires.
- Embauche de 15 “nouveaux cadres” avant le début du conflit.
- Établissement d’un périmètre de sécurité devant les locaux du journal au moment même où le Lock-out était décrété.
Mais elle n’a pas fonctionné.
Pris au dépourvu, Quebecor commence à réagir plus stratégiquement.
Mais il serait peut-être temps que cette stratégie soit investie dans le coeur de ce qui devrait occuper les parties présentement; La recherche d’une entente, d’un compromis.
À défaut de quoi ce journal continuera de chuter et pourrait bien perdre sa position de numéro 1 dans la région de la même façon qu’il a réussi à ravir ce titre au journal Le Soleil;
Grâce à un conflit de travail.
6 commentaires jusqu'à présent
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le devoir estle seul journal indépendant du Québec…et tu lui craches dessus. Pas fort
Comment par Jean-Jacques juillet 28, 2007 @ 4:45J’ai beau relire et relire mon billet, je ne comprend toujours pas la pertinence de votre commentaire…
Comment par Tetoine juillet 28, 2007 @ 5:06La précision apportée sur le blogue de Parick Lacacé clarifie votre opinion. Je m’excuse de vous avoir prêté des intentions malveillantes.
Comment par Jean-Jacques juillet 28, 2007 @ 9:55hé ho!?
Comment par simon_le_champion juillet 30, 2007 @ 12:13Pourquoi tu ne lances pas un mot d’ordre de boycotter Couche-Tard ?? On leur dit “Bas les pattes!! Mêlez-vous de ce qui vous regarde”.
Ça fera entre autre un bon prétexte pour diffuser sur les blogs l’info sur le conflit et, étant une mesure croche, c’est susceptible d’aller chercher un support “public” plus large.
@Simon_le_champion: Pour avoir déjà participé à une campagne de boycott très mobilisé et ciblé dans un espace plus restreint que la ville de québec, je pense que la mise sur pied d’une telle initiative nécessiterait beaucoup plus qu’un billet sur mon blogue.
Mais l’idée du mot d’ordre est intéressante, peut-être verrons-nous naître une version “politique” des chaînes de blogueurs ?.
Comment par tetoine juillet 31, 2007 @ 10:49Ben, pas obligé d’organiser une coalition pan-régionale autour du truc. Suffit genre de faire un petit post qui récapitule la situation, qui dit bas les pattes, avec idéalement un petit logo cute, pis de lancer l’invitation à tout le monde de reprendre le truc sur leur blog. L’idée c’est moins de réellement faire diminuer leur vente que de leur faire de la publicité négative.
Comment par simon_le_champion juillet 31, 2007 @ 1:05Il serait peut-être temps qu’on arrive à mettre en oeuvre des mooves commun dans la maigre blogosphère de gauche… On peut prendre ça comme un test (et en fait, je n’hésiterais pas à contacter personnellement tout ce qu’il y a de blogueurs à gauche pour les inciter à poster). Mais au bout du compte, je m’emballe peut-être: c’est sûr que le truc à la base n’est pas si scandalisant que ça…