Tetoine’s Palace


C’était hier; Qui est Ginger Godwin ?

 C’était hier. Ou presque. Un 2 août en tout cas.

Cette journée est devenu très significative dans ma vie, puisque c’est l’anniversaire de deux personnes que j’aime profondément.

Ironiquement, c’est aussi une date significative dans l’évolution du mouvement ouvrier.

Nous sommes en 1918. 

Certains mécanisme de régulation existent pour encadrer le déroulement des négociations entre patrons et syndicats, mais c’est surtout le rapport de force entre les parties à la table de négociation, à l’état brut, qui détermine si les salariés sont en mesure de faire des gains ou non.

L’objectif principal des grands conflits demeure la reconnaissance, par l’employeur, de la légitimité du syndicat de négocier collectivement les conditions de travail en tant qu’ acteur valable dans la relation entre le patron et ses employés.

Les employeurs étaient excessivement résistant à ces demandes et pouvaient même avoir recours à des corps de polices privés, de véritables casseurs de conflit, pour se faire justice eux-mêmes.

Mélanger exploitation et climat de répression. Ajouter une once d’individus armés embauchés par l’employeur et vous obtiendrez une recette plutôt explosive.

Disons que la tension et le climat que vivaient les communautés déchirés par un conflit de travail à cette époque n’a absolument rien à voir avec l’heure de retard que vous subissez quand une grévette de cols bleus paralyse le système de transport en commun.

Des vies étaient en jeu. Des citoyens ou des militants qui appuyaient les conflits disparaissaient, subitement. Sans raison.

Le 2 août 1918 marque une de ces disparitions.

Ce jour là, la Colombie-Britannique fut le théâtre d’une  grève générale illimité déclenchée en signe de protestation contre la mort Ginger Godwin, un militant syndical qui travaillait dans le secteur minier.

 Au moment de la conscription (première guerre), Ginger Godwin avait été jugé incapable de faire partie de l’armée en raison de nombreuses infirmités.

Lorsqu’il s’est retrouvé  leader d’une grève locale, son dossier avait mystérieusement fait l’objet d’une reclassification. Les liens entre autorité politique et entreprises locales étaient plutôt serrés à l’époque…

En dépit de sa condition, il avait donc l’obligation d’entrer dans l’armée.

Après, sa dernière présence sur les piquets de grève, Ginger Godwin a pris le chemin des montagnes dans le but contester la décision à son endroit et de poursuivre les moyens de pression déjà entamés.

Il fut alors suivi par un policier privé embauché par la compagnie minière.

Il est mort, tiré à bout portant.

La justice a alors considéré que le policier privé n’avait pas agi de mauvaise foi.

Les syndiqués ont répliqué par une grève générale illimité.

Cetta action aura contribué à le refonte des mécanismes de conciliation de l’époque puisque cette grève de sympathie dépassait ce qui devait être considéré légalement comme “une action syndicale légitime”.

C’était le 2 août 1918. 

source: Labour before the law.


Un commentaire jusqu'à présent
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Drôle de justice à l’époque. Ça me fait penser un peu au destin de Jimmy Hoffa disparu le 30 juillet 1975. Histoire différente certe, mais un destin semblable.

Comment par Scribouilleur sur son 36




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