Tetoine’s Palace


Santé et facture en blanc; Témoignage.
août 7, 2007, 11:21
Classé dans : cheville, entorse, facture en blanc, hospital, système de santé, volleyball

Pardonnez mon absence… je suis de retour d’une longue fin de semaine dans ma beauce patrie.

J’y reviens avec la tête rempli de beaux souvenirs…et une entorse à la cheville.

Conseil: Si vous tentez un block au volleyball, ne retombez pas sur le ballon.

De un, vous aurez l’air con. De deux, vous devrez vous rendre à l’hôpital.

J’appréhendais déjà l’attente. Que dire, l’enfer.

Imprégnés de tous mes préjugés envers le système, je me suis rendu à l’acceuil, guichet no. 4.

Pas de carte d’assurance-maladie. Resté à Québec, au fond d’un tiroir.

-”Gardez des traces de tous vos passages dans les départements de l’hôpitaux et on vous fait une facture à la sortie. Si vous présentez votre carte dans les 30 jours, vous n’aurez pas à la défrayer.”

-Ah merçi. C’est moins compliqué que je pensais…

(je pense) : Je vais pouvoir mettre les prix sur mon blogue. Je vais vivre le principe de la facture en blanc.

Syndrôme no. 1 de la dépendance blogosphérique: Attendre à l’hôpital en béquille sans savoir si on a le pied cassé et trouver un sujet de billet pour son retour.

Trajet parcouru:

Attente à la réception: 2 minutes.

Attente pour le classement à l’urgence: 3 minutes.

Prescription pour radiographie après inspection: 10 minutes.

Déplacement au premier étage et attente pour la radiographie: 1minutes (!).

Radiographie: 5 minutes.

Retour à l’urgence et attente pour interprétation des radiographies par un médecin: 1h 45.

Retour à l’acceuil pour facturation: 3 minutes.

Total de ma visite: 2h 09 minutes. (Approximation)

Facture:

Soins d’urgence: 158, 15 $

Radiographie cheville: 19,80 $

Consultation médecin: 45 $

Total: 222, 95 $

Impressions:

L’idée d’un principe de facture en blanc revient parfois dans les débats publics autour de notre système de santé. Ce serait un moyen de se sensibiliser aux coûts qu’engendrent nos visites à l’hôpital.

Je vais peut-être en surprendre plusieurs, mais j’ai plutôt apprécié connaître les coûts qu’ont engendré ma visite.

De toute façon, je n’aurais pas pu les éviter. J’étais une véritable urgence et on n’obtient pas une radiographie au dépanneur du coin.

En tant que citoyen conscient de l’importance de notre État et du rôle qu’il peut jouer en tant qu’acteur dans nos vies, j’étais très satisfait de pouvoir mesurer concrètement l’aide financière dont j’ai pu bénéficier ce jour là.

Par contre, j’ai aussi constaté que l’implantation d’un système de facture en blanc, s’il semble plutôt simple, pourrait engendrer un surplus de travail pour certains secteurs de l’hôpital et accroître les étapes bureaucratiques à passer au moment d’une hospitalisation. Chaque secteur où j’ai mis les pieds devait inscrire le coût de l’opération à mon dossier et le faire suivre à mon dossier central.

J’hésite donc à savoir si l’implantation d’un tel système est aussi simple qu’on voudrait le croire.

Chose certaine, et cela peut paraître ironique, j’ai vraiment apprécié ma visite au centre hospitalier de Saint-Georges.

J’y ai rencontré un personnel très courtois et des travailleurs motivés, de la réceptionniste au radiologiste, en passant par l’infirmière de garde.

Si je sentais bien la pression qu’ils subissaient, j’ai aussi perçu le sentiment du devoir accompli à travers leurs actions au quotidien.

En sortant de l’hôpital, j’ai croisé la “boîte d’évaluation du rendement par les clients”.

J’ai saisi le papier et je l’ai rempli avec précaution.

Mes impressions étaient positives, mais je n’ai pu m’empêcher de laisser une petite pointe en direction des réformes privatisantes déjà en cours dans notre système de santé:

Vous verrez à la lecture de mon évaluation que je suis très satisfait de votre établissement.

Je crains par contre que vous ne puissiez pas tenir compte de mon commentaire, car le citoyen que je suis ne se considère pas comme un client.


8 commentaires jusqu'à présent
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J’espère que tu vas bien te rétablir :-)

Je suis impressionnée par le peu de temps que tu as passé à l’urgence. Tant mieux !

On parle souvent en mal du système hospitalier mais on oublie trop souvent le personnel qui travaille très fort dans des conditions que peu de gens pourraient endurer.

Commentaire par Machavalou

Quand on teste le système de santé, on se rend rapidement compte que la réalité est fort différente de ce que nous sert les bulletins de nouvelles de ti-cul-sexe.

Commentaire par Guill

Prompt rétablissement!

Très belle pointe, j’en apprécie sa qualité!

2h09, c’est rapide! Ma dernière visite à l’urgence a duré 10h30, si ça te tente, je le raconte ici.

Alors tranquillement, ils nous passent la privatisation du système de Santé sans nous demander notre avis… c’est quand même fort!

Commentaire par Renart L'éveillé

Mon périple à l’urgence aura effectivement été de courte durée. J’ai croisé une dame qui avait attendu 45 minutes et qui trouvait ça épouventable. J’en ai conclu que tous n’ont pas le même degré de patience…

Petite précision: J’ai dû “vivre la facture en blanc” parce que jen’avais pas ma carte d’assurance-maladie. Il ne s’agit donc pas d’une nouvelle politique universelle qui s’introduit à notre insu.

Pour ce qui est de l’approche clientéliste, c’est un phénomène de plus en plus répandu dans plusieurs services publics. Si le sujet vous intéresse, vous pouvez regarder du côté des travaux du chercheur Robert Hickey, de l’université Queen. Il s’intéresse aux étapes de la privatisation des services publics, notamment dans le secteur des services postaux, mais beaucoup de parallèle peuvent être établi avec d’autres secteurs.

Commentaire par Tetoine

Ô combien apprécié-je la subtilité de ton commentaire, cher Tétoine! Je croyais que j’étais un des rares hurluberlus à “tiquer” quand je vois le mot “client” mélangé à toutes les sauces. Vraiment, tu n’aurais pu faire mieux! Bravo!

À ma connaissance, le client est quelqu’un qui paie pour obtenir un bien ou un service offert par une entreprise privée. Que ce soit la livre de beurre à l’épicerie, le cours de conduite chez Tecnic (hé oui, j’ai mon permis, blague à part…), ou encore la substance illicite offerte au Carré d’Youville (ou au Square Berri pour les non-initiés à la Capitale Nationale-avec-un-grand-N). Par contre, dans les services publics, ça m’étonne toujours qu’on ne parle pas plutôt d’usagers. On utilise un service, même si on peut parfois payer pour (comme dans le cas d’un permis de conduire…), mais c’est tout.

Tu m’as donné envie de regarder ce qu’a produit Hickey sur la question. En tout cas, je suis un client extrêmement satisfait du service offert par ton blogue et je n’ai pas besoin de facture en blanc pour le savoir!

Commentaire par Jean-Luc

Presque chaque fois que j’ai eu affaire à l’urgence à Québec, ça c’est passé à peu près comme le décris Tetoine. Mais il faut dire que tout les chaque fois, sauf une, il y avait effectivement “urgence”. Une fois, une seule, on est entré à l’urgence avec un bout de choux bouillant de fièvre (rien de grave, c’est juste bien impressionnant). Cette fois-là, ça a été plus long. Et j’en ai profité pour lire les affiches sur les murs. Il y en avait une qui expliquait le mode de fonctionnement de l’urgence et qui expliquait, fort à propos, que le principe d’ancienneté ne fonctionnait pas à l’urgence. Ce qui compte c’est… l’urgence de la situation. Je sais qu’il y a des opérations avec de très longue liste d’attente et que le système peut être assez infernal mais… Personnellement, je suis satisfait. À chaque fois, dans les moments heureux (naissance) comme malheureux (cancer en phase terminale d’un proche), ça a été plus que correct. Ceci dit, je dois dire que je jouis, comme l’ensemble de mes proches, d’assurances-santé complémentaires permettant de faire baisser les coûts individuels et d’obtenir un peu mieux que l’ordinaire (ex.: chambre privée ou semi-privée, le meilleur médicament et non le moins cher, etc.). Malgré tout, je ne comprend pas le freak show qu’on fait avec notre système de santé. C’est quand même pas l’ex-URSS!!!

Commentaire par Nicolas

Tu résumes très bien la situation au Québec. Si tu ne va pas à l’urgence et que tu t’informes uniquement de notre système de santé via les médias et le politique, tu croiras que tout va mal, mais lorsque tu vas à l’hôpital pour du sérieux, et bien tu as un bon service et on s’en étonne.

Commentaire par Folliculaire

Sans vouloir crier à la théorie du complot, il doit bien y avoir quelqu’un, quelque part, qui profite de cet état de crise constant maintenu à l’endroit de notre système de santé.

Pour proposer une approche supposément plus efficace(comme l’intrusion du privé par exemple), il faut d’abord discréditer le système en place, non ?

Commentaire par Tetoine




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