Tetoine’s Palace


Cybermilitantisme; Le décalage partisan.

Le phénomène n’est pas nouveau. Partout dans le monde, les partis politiques s’adaptent aux nouvelles formes de communication pour faire passer leur message.

La blogosphère ne fait évidemment pas exception à cette tendance.

Mais les partis politiques comprennent-ils comment la blogosphère fonctionne ? Sont-ils en mesure de réellement en tirer profit ?

Ce billet de Tristan Péloquin m’a fait réfléchir sur le sujet.

Aujourd’hui, c’est le maire Tremblay. Hier, c’était le PQ, le PLQ et l’ADQ.

Tous tentent de “noyauter” la blogosphère à l’aide de cybermilitants.

En commentant les billets et les interactions entre blogueurs, ces individus positionnent leur parti.

Cette attitude démontre la méconnaissance des partis politique de toute la culture blogosphérique.

Vouloir noyauter la blogosphère, c’est réfléchir selon un vieux schème de pensé. Celui de la politique paroissiale, où le nombre suffit à noyer la position des autres au moment d’une assemblée.

Le nombre de main qui se lève au moment du vote passe avant les idées exprimés au cours de l’assemblée.

L’ennui avec la blogosphère, c’est qu’il faut écrire pour avoir un poid politique. Idéalement, quelque chose d’intelligent. Pour convaincre.

Un commentaire anonyme ou provenant d’un cybermilitant sorti de nul part peut-il avoir le même poids politique que le billet auquel il répond ? Je ne crois pas.

Ce même commentaire peut-il avoir le même poid politique qu’un blogueur qui commente le billet d’un autre blogueur ? Je ne crois pas.

À moins d’avoir un point de vue particulièrement bien articulé, capable de saisir l’attention.

Ceci dit, les lignes politiques que doivent faire passer les cybermilitants répondent rarement à ce critère.

Dans toute forme d’interaction, pour se laisser convaincre, je pense qu’il faut savoir à qui on a affaire.

Si avoir un blogue n’est pas synonyme de crédibilité, pouvoir visiter le blogue de quelqu’un qui laisse un commentaire permet à tout le moins de connaître les opinions et les orientations de cette personne sur d’autres sujets, de mieux “cerner”globalement la personne qui vient intervenir sur le blogue.

Entretenir un blogue, c’est développer sa cyberidentité, s’afficher, se laisser connaître.

En ce sens, au lieu de miser sur une masse de cybermilitants prêt à envahir de commentaires la blogosphère, les partis politiques devraient plutôt développer 2-3 voir 5 ou 6 blogueurs, indépendant d’esprit mais capable de bâtir le message du parti et de le faire passer sur d’autres blogues par la suite.

Il s’agit bien entendu d’une méthode plus sournoise, peut-être déjà appliquée, mais qui serait selon moi beaucoup plus efficace que la recherche de cybermilitants gonflables.

Note:

Je ne crois pas que cette réflexion s’applique à des sites comme cyberpresse où la plupart des intervenants n’ont pas de blogues.

Vous aurez compris que ce billet présuppose que la blogosphère peut avoir, en soi, un poids politique. Il ne s’agit pas d’une certitude.


3 commentaires jusqu'à présent
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Tétoine,

Je pense que tu as parfaitement raison quand tu écris que “les partis politiques devraient plutôt développer 2-3 voir 5 ou 6 blogueurs, indépendants d’esprit mais capable de bâtir le message du parti et de le faire passer sur d’autres blogues par la suite.” C’est le principe qu’utilisent les blogging tories, une regroupement de 300 blogueurs de droite. Quand ils parlent, ils parlent rarement d’une seule voix. Mais devant une crise politique, ils se lient et font front commun… On n’a pas encore vu ça au Québec, même avec la soi-disant “Coalition des esprits libres”, très proche de l’ADQ.

Commentaire par Tristan Péloquin

D’accord sur toute la ligne. Mon sujet d’aujourd’hui rejoint pas mal le tien, quel drôle de hasard!

Je vais mettre ton texte en lien.

Commentaire par Renart L'éveillé

Très bon billet. J’ajouterai que la blogosphère, en générale, est composée d’universitaires ou bien de gens cultivés et politisés. Pour les cyberpoliticnes, les discours doivent être articulés et fondés, car il sont mis de côtés rapidement.

Les regroupements de blogueurs peuvent également aider. L’ADQ a prise une certaine avance lors de la dernière campagne, mais je crois que les autres allégeances politiques ou d’orientations politiques ont repris le terrain perdu. Par exemple, les gauchistes, dont je suis membre…

Commentaire par folliculaire




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