Tetoine’s Palace


Au delà d’Élodie Gagnon-Martin: Une leçon pour la blogosphère.

L’article d’Antoine Robitaille (Le Devoir) concernant “Les dessous de la politique” a engendré une traînée de réactions et même la fermeture du blogue en question. Voir ici et ici. Se créer une fausse identité, c’est jouer avec le feu sur la blogosphère. Qu’on se le tienne pour dit.

Mais bien honnêtement, certaines réactions me dérangent.

Même si cet évènement vient rappeler que l’ADQ demeure un parti politique capable de tractations bassement partisanes comme tous les autres partis, c’est toute la blogosphère politique qui devrait en tirer leçon.

Des leçons pour nous, blogueurs. Pour les médias aussi.

Les blogueurs: Que voulons-nous faire de cette blogosphère politique ?

La politique fait parler. Confronter ses idées, cela veut aussi dire les assumer.

Certains diront que la politique, intégré au cirque médiatique, c’est l’art de contrôler son message. De faire passer ses spins. Pour convaincre.

Bloguer politique, partager ses idées, se faire citer et être repris médiatiquement, c’est entrer dans ce jeu.

C’est utiliser une des nombreuses formes de communication aujourd’hui accessibles pour exercer son pouvoir de citoyen.

C’est se prendre en main et dire: Je suis dans l’agora et je me prononce. Voici mes idées. Voici ce que je pense.

Si nous voulons réellement pouvoir créer un espace citoyen pour débattre de nos idées, nous ne pouvons pas le faire sur la base d’identités fictives qui peuvent dire n’importe quoi, sur n’importe quel sujet, de n’importe quelle façon sans avoir à en assumer les conséquences.

Autrement, la blogosphère politique ne sera pas un nouvel outil citoyen pour faire avancer notre démocratie.

Elle deviendra un monstre. Un monstre qui étouffe sous le poids d’une tonne d’informations non-vérifiées et non-assumées qui contribueront à accentuer le cercle vicieux de la désinformation citoyenne.

Nous le réalisons de plus en plus, notre blogosphère peut avoir une certaine influence sur les évènements politiques. Je pense qu’à partir de maintenant, ce pouvoir devra venir avec une responsabilité. La responsabilité d’assumer ses propos. Celle de dire qui nous sommes.

Comprenons-nous bien. Tous sont libre de bloguer de façon anonyme ou d’employer un surnom. Mais alors, avec ce choix devrait venir la conséquence d’enfermer ses propos aux limites même de la blogosphère et de ne pas pouvoir exercer une influence sur la sphère politique en étant repris médiatiquement ce qui, nous le savons tous, contribue à augmenter la visibilité de notre blogue.

La blogosphère politique ne doit pas devenir un outil permettant à des individus masqués de percer le filtre des médias pour passer un message vicié d’intérêts.

Les médias: Un besoin de rigueur sans la recherche de caricature.

Le pouvoir de la blogosphère ne se crée pas de lui-même. Il est issue de la dynamique entre la blogosphère et sa couverture médiatique qui permet de diffuser nos propos auprès d’un large public pour ensuite les fidéliser et les convaincre de revenir, jour après jour, relire nos écrits.

Pour éviter toute forme de dérapage de notre blogosphère, les journalistes ont donc aussi leurs responsabilités. Je pense que la rigueur journalistique la plus élémentaire exigera dorénavant de savoir à qui on s’adresse avant de le (ou la) citer.

Chercher le croustillant, chercher l’opinion tranché, chercher le “tag”, c’est bien beau. Mais c’est facile d’être la saveur du mois quand on ne doit pas assumer nos écrits.

Si les médias accordent de l’importance à des individus qui peuvent écrire n’importe quoi, ils transformeront la rumeur en information et les opinions tranchés et caricaturales d’un masque en opinion éclairé d’un citoyen comme un autre.

C’est ce cercle vicieux qui contribuera au dérapage de notre blogosphère.

Entendons-nous bien. Je ne lance pas la pierre ici aux journalistes de “Sur le Web” par exemple, qui ont abondamment cité Elodie Gagnon-Martin. Il faut au contraire saluer le courage qu’ils ont de s’intéresser à nous et de diffuser nos propos.

Mais nous apprenons tous à travers l’évolution de cette blogosphère et il faudra dorénavant être plus prudent.

Si, à partir de cette histoire, nous sommes en mesure d’agir comme des blogueurs assumés et responsables qui collaborerons avec des journalistes conscients des risques de manipulation dont ils peuvent être victime ici, nous parviendrons peut-être à favoriser cet espace de communication authentique que la blogosphère mériterait d’être.



Typologie du blogueur: Qui êtes-vous ?
septembre 27, 2007, 10:26
Classé dans : Blogosphère politique, blogosphère, blogueur, typologie, web 2.0

J’aime prendre du recul pour analyser ce qui se passe au sein de notre merveilleuse blogosphère. J’ai décidé aujourd’hui de démarrer une petite typologie des blogueurs politiques. Je l’ai établi à partir des connaissances acquises au cours de mes heures de navigation.

Attention: Cette typologie n’est ni partisane, ni idéologique. On peut retrouver ces types de blogueurs sur tout le spectre politique.

Le chroniqueur partisan:

Le chroniqueur partisan est investi d’une mission politique sur la blogosphère. Il est souvent clairement associé à un parti et il s’adapte aux orientations et aux propositions de celui-ci.

Ses billets sont courts et “punchés”.

Le chroniqueur partisan manque souvent de distance critique par rapport aux diverses personnalités politiques. Il aura tendance à personnaliser le débat et à s’acharner sur des adversaires politiques particuliers. En revanche, il couvrira son (ou sa) chef d’éloge lorsque l’occasion se présentera.

Pour le chroniqueur partisan, la ligne politique prime sur les faits. Il n’hésitera pas à les bafouer pour passer son message. Il ne reviendra pas sur sa position.

Dans les médias de masse, le blogueur partisan est souvent cité au moment de crise partisane ou de débats très chaud dans la population. C’est le blogueur très tranché qui trône sous le titre : Ça brasse sur la blogosphère !

L’outsider:

L’outsider n’est pas typiquement politique. Son blogue peut être fondé sur n’importe quel autre trame de fond de la blogosphère (techno, personnel, photos, littérature, etc.).

Ce blogueur en profite à l’occasion pour glisser quelques billets plus politisés. En s’adressant à un auditoire moins critiques qui ne visite pas son site pour cette raison, il s’assure une certaine influence sans trop se faire critiquer.

L’outsider sera souvent cité par les autres blogueurs moins politiques et ses interventions seront souvent associées aux moments chauds de la politique tel que des élections ou un scandale particulier.

L’analyste intello:

L’analyste intello maintien une certaine distance partisane sur son blogue.

Il décochera bien quelques flèches à l’occasion mais la trame de fond de son blogue est plus orientée sur son analyse de la situation politique, économique et sociale du Québec.

L’analyste intello est moins directement intégré dans politicailleries de la blogosphère. Il peut parfois collaborer avec le chroniqueur partisan mais critiquera leur rigueur, surtout si ceux-ci s’éloignent de son idéologie.

Ses billets sont moins “punchés” et souvent plus long.

Dans les médias, l’analyste intello sera parfois cité en raison de ses réflexions sur un sujet d’actualité ou s’il a réussi à faire connaître un sujet moins couvert par la blogosphère et les médias traditionnels.

L’enragé insousciant:

L’enragé insousciant passe plus de temps à attaquer les autres blogueurs qu’à commenter l’actualité. Il choisira une cible et n’en démordera point. Il aura su construire sa popularité sur la base d’un scandale bien juteux. Adepte de la diffamation, sa gloire est souvent éphémère.

L’enragé insousciant pourra compter sur l’appui de chroniqueurs partisans qui tirent profit de ses dérapes diffamatoire et continuent de le référencer. On se demande bien pourquoi.

Le démagogue sans complexe:

Le démagogue sans complexe connaît rarement la nuance. Il peut être très aligné idéologiquement et s’attaque directement à ceux qui n’adopte pas son point de vue. Parfois, il ira même jusqu’à critiquer ses alliés naturels si ceux-ci n’agissent pas comme il l’entend.

Le démagogue sans complexe possède une bonne plume et la nature de ses billets est très diversifié.

Toujours tranché.

À droite, les opposants à la guerre en Afghanistan sont les amis de Ben Laden et à gauche, les soldats canadiens sont des robots sanguinaires.

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Voilà mon premier exercice de typologie du blogueur. J’ai volontairement évité d’inclure des exemples, afin de ne pas sombrer dans un débat sur ma perception des autres blogues.

De toute façon, je pense que la plupart des blogueurs sont des hybrides, avec une majeure d’un certain type et une mineure d’un autre.

Alors, qui êtes-vous ? Quel type de blogueur préférez-vous ? Si le coeur vous en dit, citez-ici des blogues qui vous viennent à l’esprit et associez-les à mes catégories !



Rafale: Massé, Sondage Crop et blogue de gauche.
septembre 26, 2007, 9:43
Classé dans : ADQ, Daily Gauche, FTQ, Henri Massé, Jean Charest, Mario Dumont, PLQ, PQ, Pauline Marois, crop, gauche, sondage

En rafale cette semaine…

1. Sur les lignes souligne le départ d’Henri Massé à la tête de la FTQ. J’étais probablement trop intello pour apprécier sa grande gueule. Bonne chance à son successeur.

Pour vouloir occuper ce poste dans le contexte du mouvement syndical d’aujourd’hui, faut être un peu fou quand même. Mais ça en prend et ils sont nécessaires. Si c’est du système capitaliste que vous voulez, il ne doit pas y avoir de marché sans régulation.

2. Ça doit fêter fort dans les chaumières adéquistes. Dumont reprend la tête dans un sondage qui a été effectué au milieu de la tourmante immobilière concernant Pauline Marois.

Ça va s’obstiner aujourd’hui sur les marges d’erreur, l’échantillonnage de la population, les dates du sondage, etc.

Disons que ce sondage ne fait que démontrer que la course se fera entre le PQ et l’ADQ si le PLQ ne procède pas à un redressement. Les groupes de l’opposition doivent gratter le fond de leur tiroir pour déclencher des élections.

Le PLQ va t-il montrer la porte à Charest ? Peut-être, mais pour le remplacer par qui ?

De toute façon, on s’en fou. Qui parle encore du PLQ sur cette blogosphère ?

3. Nouveau blogue de gauche. Ils sont toujours les bienvenues et celui-là semble avoir un bon potentiel, après 2 billets seulement.



Marois sauve le PQ
septembre 25, 2007, 1:18
Classé dans : ADQ, Charlevoix, Marois, PQ, Pauline Marois, élections partielles

(Sonnette dans le bas d’un immeuble à logement) : Ding Dong.

- Moi, 19h00 : « Bonjour, je viens assister à la disparition du PQ »

- Mon ami péquiste : « Ha Ha! Tu t’es peut-être trompé d’adresse ».

Oui, je m’étais trompé d’adresse.

Pauline Marois a sauvé le Parti Québécois ce soir.

Pas qu’il était en si grand danger, mais tout de même.

La défaite de Marois correspondait à la fin du PQ.

À une reconfiguration des partis politiques au Québec.

Ce ne sera pas le cas. Pas maintenant.

La victoire de Marois correspondra t-elle nécessairement à la renaissance de son parti ?

Ça reste à voir.

Mais elle constitue hors de tout doute une occasion de plus pour le PQ de sortir de son marasme.

De rester dans la course.

De maintenir sa place au sein d’un système politique qui, tôt ou tard, reviendra à ses racines et retombera en mode bipartite.

Cette victoire constitue aussi la preuve qu’être cheffe du deuxième groupe de l’opposition, ça a du poids.

Charlevoix n’est pas un château fort péquiste.

Pourtant, Marois vient de doubler la majorité de l’ancien député Rosaire Bertrand.

Comme le démontre le blogueur V, même avec l’appui de plusieurs libéraux locaux et malgré le fait que l’ADQ puisse maintenant profiter de la crédibilité que confère le statut d’oppostion officielle, des adéquistes ont quitté le bâteau.

De toute évidence, les « spins » adéquistes n’ont pas levé.

Je vous avoue bien candidement que j’y ai cru, personnellement, à la théorie des libéraux qui se rangerait du côté adéquiste pour sortir Marois.

Mais je l’ai déjà dit, j’ai mon petit côté naïf.



La Fédé des Cégeps contre le suicide
septembre 23, 2007, 4:30
Classé dans : Cégep, Fédération des Cégeps, jeunes, québec, suicide

Par ocoubou,

Bon coup de la Fédération des Cégeps qui se permet de sortir de son rôle essentiellement administratif pour intervenir sur un enjeu social important pour les jeunes au Québec : le suicide.

À ce sujet, nous avons souvent mentionné le caractère alarmant de la situation au Québec où le taux de suicide est un des plus élevés au monde. Ce thème semble si mystérieux que l’on pourrait même se demander si les Québécois ne seraient victimes d’une damnation particulière. D’un certain péché originel qu’il leur faudrait ainsi expier.

En fait, ce phénomène s’explique par une convergence de facteurs sociaux complexes sur lesquels je ne veux pas ici m’étendre. Je rappellerai tout simplement que la société québécoise a connu une modernisation plus récente et plus brusque que la plupart des sociétés avec lesquels nous avons l’habitude de nous comparer : France, États-Unis, Canada anglais et Angleterre où ce processus s’est étendu sur plusieurs siècles le rendant ainsi moins brusque et plus facilement assimilable.

La bonne chose avec cette explication sociohistorique c’est que cette crise d’identité collective pouvant entraîner plusieurs suicides est une phase du processus de modernisation et que cette phase devrait passer. D’ailleurs, elle passe! La pointe du phénomène a été atteinte au cours des années 90 et depuis le taux de suicide diminue tranquillement.

Toutefois, ce n’est pas parce que la situation s’améliore qu’elle ne pourrait pas s’améliorer encore plus rapidement et c’est pour cela qu’il faut encourager le type de campagne que mène présentement la Fédération des Cégeps. Allez voir sur leur site et signez leur Déclaration en prévention du suicide. Ce n’est pas une grosse analyse, mais tout ce qu’il faut présentement, c’est que l’on parle du suicide, comme on a parlé de la cigarette. Même si la situation s’améliore, les quelques jeunes que l’on pourrait sauver à chaque année si le suicide était moins tabou, si l’aide était plus accessible, ce serait toute une force pour notre société.

Il n’est pas normal ni acceptable que certaines personnes parlent encore du suicide comme d’un choix personnel ou encore pire d’un acte courageux. Le suicide n’est pas un problème individuel, c’est les choix collectifs que nous prenons, notre comportement vis-à-vis la souffrance et les représentations que nous entretenons à son égard qui créent ce phénomène. Nous avons donc une responsabilité collective pour enrayer ce fleau.

Ça semble cucu, mais il faut s’assurer que le suicide ne soit plus pour personne une réponse à quoi que ce soit. Le suicide c’est «une solution permanente à un problème temporaire»! (Mark S. Gold, The News About Depression, Bantam Books, 1986, page 290.)

Merci Bruno Marchand pour nous m’avoir ressensibilisé au problème!

Ajout de Tetoine: Le blogue Nouvelles non censurées aborde de très près la question du suicide sur son blogue. Ici et ici.



Étudiant + conférence = électrochoc : Liberté de quoi ?

On a tous déjà assisté à une conférence où la personne qui se jette au micro pour poser une question à la fin dérape un peu.

Ceux qui étaient dans cette salle (Florida University) vont s’en rappeler longtemps.

La vidéo est en train de faire jaser pas mal au pays de la libre expression.

Andrew Meyer se rend au micro pour poser une question à John Kerry (candidat démocrate contre Bush) et lui reproche de ne pas avoir contesté suffisamment l’élection de Bush malgré les nombreuses irrégularités électorales. La salle applaudit.

Mais Andrew poursuit sa question et demande à Kerry s’il fait partie d’un groupe secret (Skulls and bones) avec Bush.

Ok, c’est louche. Mais ça reste une simple question…

Solution: Quelques policiers s’emparent du gars, l’amène au fond de la salle le jette à terre et l’électrocute. Sans avertissement. Nada. On se jette dessus.

Pire: Les gens applaudissent quand le mec se fait arrêter. La salle commence à désapprouver la police au seul moment où le gars mange l’électrochoc.

Après les évènements et le vidéo, la police a ouvert une enquête. Ça rappel Montebello.

Le site internet d’Andrew Meyer sert maintenant d’outil de mobilisation pour le faire libérer. Manifestation (le 19 septembre) et groupe facebook (!) sont à l’ordre du jour.

Une analyse au ralenti avec l’opinion d’un blogueur ici.

Et dire qu’au Québec, quand quelques militants chahute un ministre et le laisse terminer son discours sur une bonne blague, on prétend qu’ils sont contre la libre expression…

Vidéo Via Le Périscope. Recherche de moi-même.

Note: Le Périscope ajoute aujourd’hui le commentaire du Colbert Report sur l’affaire. Hilarant.



Vigile.net muselé: Le Devoir et La Presse au banc des accusés.
septembre 20, 2007, 10:17
Classé dans : La Presse, Le devoir, Litige, Vigile

Tout petit billet pour faire écho aux préoccupations du blogue Carnet résistant, du Capitaine Kébec et du Gros Bon Sens.

Il semblerait que le site internet Vigile.net soit mis en demeure par Le Devoir et La Presse. Le litige: L’existence d’archives appartenant aux deux journaux sur ce site internet.

Voici la réplique de Vigile.

Bizarre. Ces médias écrits préfèrent voir leurs articles jaunir dans le fond d’un garde-robe plutôt que d’être lus et conservés ailleurs, au grand bénéfice des citoyens désireux de s’informer sur un sujet en particulier.

Ces médias dorment littéralement au gaz.

Complètement déconnectés de la nouvelle réalité qui les entourent.

On devrait peut-être leur dire que ça fait au moins 5 ans que des portions de leurs publications sont mis en ligne par des blogueurs partout au Québec.

Ce qu’il y a d’ironique, c’est le double chapeau que porte La Presse dans l’évolution du web.

D’un côté, elle se battra sûrement pour faire intégrer sans trop de compensation les tâches de blogue à ses chroniqueuses, et de l’autre, elle cherche à mettre en demeure ceux qui profitent de l’accessibilité à son contenu.

Investir le web et faire sa place, pour les médias, ça peut être payant.

Je les encourage d’ailleurs.

Mais il faut être prêt à jouer dans l’esprit des règles d’accessibilité et de démocratisation de l’information qui existent ici.

Autrement, reprenez votre crayon et trouvez-vous une bonne presse antique.



Pause syndicale sur Cyberpresse ?
septembre 18, 2007, 2:12
Classé dans : Blogues, Gesca, Marie-Claude Lortie, Patrick Lagacé, cyberpresse, journalistes, média, tâches

Je ne sais pas si le mot va se passer sur la blogosphère, mais les esprits antisyndicaux pourraient vite se réchauffer. Alors je tente de prévenir le coup.

Marie-Claude Lortie et Sophie Cousineau (Cyberpresse) nous apprennent que le Syndicat des travailleurs de l’information de La Presse (STIP) a demandé à ses membres blogueurs de suspendre leurs activités “dans le cadre de négociations avec la direction du journal sur les conditions de travail des journalistes et le développement de nouveaux contenus électroniques sur Cyberpresse.”

J’aime bien lire les journalistes-blogueurs sur Cyberpresse.

Mais comment situer ces salariés dans le monde des blogues ? Quel est leur propre relation avec cet outil de communication ?

Bloguer, est-ce une exigence de l’employeur ou un désir personnel du journaliste ?

Le dilemme dans tout ça c’est le caractère excessivement personnel d’un blogue et le fait d’être rémunéré par son employeur pour l’animer.

Pour l’employeur, le blogue fait nécessairement partie d’une stratégie de diversification qu’il inscrit dans ses objectifs d’entreprise.

Pour le blogueur, c’est peut-être un projet plus personnel qu’il anime dans le cadre de ses fonctions. Il a réussi à intégrer un de ses loisirs à son emploi. Enore une fois, cela doit dépendre des journalistes.

Sur le fond de la chose, je n’ai aucun problème avec le principe du blogueur-salarié.

Mais l’inclusion d’un salaire pour effectuer cette tâche situe le blogue du journaliste dans toute la dynamique des relations du travail au sein de l’organisation.

Le métier de journaliste semble évoluer à un rythme effarant.

Prenons Patrick Lagacé.

Il est un bon exemple de journaliste-blogueur intégré. En passant, j’ignore s’il a reçu cette directive et s’il est syndiqué.

M. Lagacé combine aujourd’hui un large éventail de tâches qui ne faisait pas partie du métier de journaliste il y a à peine dix ans. Il fait des reportages, il blogue, fait des vidéos, se retrouve dans un concours auprès de la clientèle et interview même des journalistes de La Presse pour que l’on puisse visionner le résultat sur Cyberpresse.

Toute cette évolution entre dans une stratégie évidente de l’employeur de concurrencer l’évolution multimédia des autres sites de nouvelles, notamment ceux des médias télé.

Gesca (Cyberpresse, La Presse, Le Soleil, etc.) ne pouvait pas intégrer des vidéos comme le fait Canoë (TVA), elle ne possède pas de chaîne télé. Elle s’est alors retourné vers ses propres journalistes pour participer à des vidéos et les inclure sur son site.

Il n’y a absolument rien de mal à ça. Cette entreprise a voulu développer un créneau qu’elle n’exploitait pas avant et en plus, elle a trouvé quelqu’un de très compétent pour relever le défi.

À la lumière de la situation qui se présente aujourd’hui, l’évolution de toutes ces tâches ne semble pas avoir été considéré dans l’ajustement des conditions de travail des journalistes blogueurs.

Il est excessivement important que l’évolution des tâches des employés soit accompagnée d’un exercice de concertation qui vise à les inclure dans ce processus, à faire comprendre la nécessité de ce changement (s’il est nécessaire) et à adapter leurs conditions en fonction de cette réalité.

Des journalistes qui travaillaient pour La Presse n’ont pas la même logique d’action, devant l’évolution de leurs tâches, qu’un employeur qui tente de conquérir un nouveau créneau.

Cela ne signifie pas que ces logiques sont irrémédiablement irréconciliables, mais cela signifie que le changement doit s’effectuer dans le respect de ces deux réalités. Sinon, il y aura une résistance telle que le changement ne pourra être implanté.

J’espère que ce moyen de pression n’est qu’un avertissement et qu’il ne constitue pas une preuve que l’employeur et les journalistes ont trop attendu avant de discuter de cette nouvelle réalité.

Dans ce cas, l’incompréhension pourrait durer encore longtemps.

Mise à jour:

Patrick Lagacé explique sa propre situation . Ayant un contrat directement avec Cyberpresse, il continue de bloguer. Idem pour François Gagnon.

Il cesse cependant ses autres activités multimédia (vidéo). Lagacé ignore le statut de M. Hétu et Laporte, d’autres blogueurs de Cyberpresse.

Les blogueuses qui ont suspendu leurs activités l’ont fait parce que le blogue était inséré dans leur définition de tâche de chroniqueuse à La Presse.

6 blogueurs, au moins 2 ou 3 statuts différents, pour la même activité. Ça vaut la peine de mettre les choses au clair.

Tant pour les employés, le syndicat, que l’entreprise.



Npd et Mulcair dans Outremont: Début de la vague orange ?

C’est confirmé. 22h17. Thomas Mulcair vient de rentrer dans Outremont. Le NPD a réussi son pari.

Le parti libéral du Canada n’a pas été considéré comme une alternative crédible par les électeurs de cette circonscription qui était pourtant illuminé par celui-ci depuis 1936 (Une seule perte à la fin des années 80).

L’organisateur du NPD jubile en direct sur RDI.

Le NPD semble miser sur une désaffection du vote libéral et du vote bloquiste vers le NPD. Il mise sur la dépolarisation de la question nationale à l’échelle fédérale. Selon lui, le NPD est souvent le deuxième choix du PLC et des bloquistes, ce qui le favoriserait maintenant puisque ces deux partis sont en crise.

Liza Frulla prétend que ce résultat est le reflet d’un “Effet Mulcair” combiné à un PLC en reconstruction.

Elle en profite pour égratigner le Bloc au passage. Elle prévoit une tendance importante des conservateurs dans les comtés hors de Montréal. ADQ = PCC. Même dans St-Hyacinthe, la majorité du bloc fond.

S’agit-il du début d’une percée du NPQ au québec ? Assisterons -nous à une nouvelle polarisation partisane au fédéral ?

À suivre…

Ajout: Jocelyn Coulon (candidat du PLC) prétend, en direct, qu’il a l’impression d’avoir gagné cette élection. On aurait peut-être dû lui expliquer le principe…



MediaMatinQuébec: Plus d’une vingtaine de blogueurs en parlent… et vous ?
septembre 16, 2007, 9:09
Classé dans : MediaMatinQuebec, bannière, bannière d'appui, blogue, blogueurs

En 3 5 jours, plus d’une douzaine quinzaine vingtaine de blogueurs ont souligné l’initiative de la bannière d’appui au journal MediaMatinQuebec sur leur blogue.

Vous remarquerez la remarquable diversité idéologique qui compose ces premiers adhérents.

Si, au quotidien, la blogosphère et, plus spécifiquement, la blogosphère politique est un lieu de débat où les critiques fusent toute part, il faut souligner ici le fait que des blogues de tous les horizons se rangent derrière notre initiative.

Félicitation pour cette ouverture d’esprit.

Grâce à vous tous, cette bannière croisera quotidiennement le regard de milliers de visiteurs.

Voici la liste des pionniers qui sera mise-à-jour continuellement. (Pour ceux qui veulent voir l’évolution de la liste, vous devrez peut-être réactualiser la page ou vider votre cache)

Merçi à vous ! Aux autres: N’hésitez pas à vous joindre !

Si vous avez inclus une bannière et que vous n’apparaissez pas, laissez un commentaire.

V

À gauche de l’écran

Sur les lignes

Mille misères !

Matchafa

Carnet résistant

Soblogue

Le Périscope

Les dessous de la politique

Fagstein

Un homme en colère

Tetoine’s Palace

Pabsta’s Groove

Le blogueur citoyen

La vie en pan & scan

Coups de clavier !

Un québécois dans l’ouest

Capitaine Virgil

Brem

Nouvelles non censurées