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L’article d’Antoine Robitaille (Le Devoir) concernant “Les dessous de la politique” a engendré une traînée de réactions et même la fermeture du blogue en question. Voir ici et ici. Se créer une fausse identité, c’est jouer avec le feu sur la blogosphère. Qu’on se le tienne pour dit.
Mais bien honnêtement, certaines réactions me dérangent.
Même si cet évènement vient rappeler que l’ADQ demeure un parti politique capable de tractations bassement partisanes comme tous les autres partis, c’est toute la blogosphère politique qui devrait en tirer leçon.
Des leçons pour nous, blogueurs. Pour les médias aussi.
Les blogueurs: Que voulons-nous faire de cette blogosphère politique ?
La politique fait parler. Confronter ses idées, cela veut aussi dire les assumer.
Certains diront que la politique, intégré au cirque médiatique, c’est l’art de contrôler son message. De faire passer ses spins. Pour convaincre.
Bloguer politique, partager ses idées, se faire citer et être repris médiatiquement, c’est entrer dans ce jeu.
C’est utiliser une des nombreuses formes de communication aujourd’hui accessibles pour exercer son pouvoir de citoyen.
C’est se prendre en main et dire: Je suis dans l’agora et je me prononce. Voici mes idées. Voici ce que je pense.
Si nous voulons réellement pouvoir créer un espace citoyen pour débattre de nos idées, nous ne pouvons pas le faire sur la base d’identités fictives qui peuvent dire n’importe quoi, sur n’importe quel sujet, de n’importe quelle façon sans avoir à en assumer les conséquences.
Autrement, la blogosphère politique ne sera pas un nouvel outil citoyen pour faire avancer notre démocratie.
Elle deviendra un monstre. Un monstre qui étouffe sous le poids d’une tonne d’informations non-vérifiées et non-assumées qui contribueront à accentuer le cercle vicieux de la désinformation citoyenne.
Nous le réalisons de plus en plus, notre blogosphère peut avoir une certaine influence sur les évènements politiques. Je pense qu’à partir de maintenant, ce pouvoir devra venir avec une responsabilité. La responsabilité d’assumer ses propos. Celle de dire qui nous sommes.
Comprenons-nous bien. Tous sont libre de bloguer de façon anonyme ou d’employer un surnom. Mais alors, avec ce choix devrait venir la conséquence d’enfermer ses propos aux limites même de la blogosphère et de ne pas pouvoir exercer une influence sur la sphère politique en étant repris médiatiquement ce qui, nous le savons tous, contribue à augmenter la visibilité de notre blogue.
La blogosphère politique ne doit pas devenir un outil permettant à des individus masqués de percer le filtre des médias pour passer un message vicié d’intérêts.
Les médias: Un besoin de rigueur sans la recherche de caricature.
Le pouvoir de la blogosphère ne se crée pas de lui-même. Il est issue de la dynamique entre la blogosphère et sa couverture médiatique qui permet de diffuser nos propos auprès d’un large public pour ensuite les fidéliser et les convaincre de revenir, jour après jour, relire nos écrits.
Pour éviter toute forme de dérapage de notre blogosphère, les journalistes ont donc aussi leurs responsabilités. Je pense que la rigueur journalistique la plus élémentaire exigera dorénavant de savoir à qui on s’adresse avant de le (ou la) citer.
Chercher le croustillant, chercher l’opinion tranché, chercher le “tag”, c’est bien beau. Mais c’est facile d’être la saveur du mois quand on ne doit pas assumer nos écrits.
Si les médias accordent de l’importance à des individus qui peuvent écrire n’importe quoi, ils transformeront la rumeur en information et les opinions tranchés et caricaturales d’un masque en opinion éclairé d’un citoyen comme un autre.
C’est ce cercle vicieux qui contribuera au dérapage de notre blogosphère.
Entendons-nous bien. Je ne lance pas la pierre ici aux journalistes de “Sur le Web” par exemple, qui ont abondamment cité Elodie Gagnon-Martin. Il faut au contraire saluer le courage qu’ils ont de s’intéresser à nous et de diffuser nos propos.
Mais nous apprenons tous à travers l’évolution de cette blogosphère et il faudra dorénavant être plus prudent.
Si, à partir de cette histoire, nous sommes en mesure d’agir comme des blogueurs assumés et responsables qui collaborerons avec des journalistes conscients des risques de manipulation dont ils peuvent être victime ici, nous parviendrons peut-être à favoriser cet espace de communication authentique que la blogosphère mériterait d’être.










