Tetoine’s Palace


Mini-budget Harper: Un vent de fraîcheur !
octobre 31, 2007, 5:30
Classé dans : PCC, budget, canadien, gouvernement, harper, npd

Quel vent de fraîcheur. Enfin. (On joue à trouver l’erreur)

Je ne sais pas quelle mouche a piquée le gouvernement conservateur mais voilà qu’il nous dévoile un mini-budget qui pourrait être tiré tout droit du programme du NPD.

Par le biais de mesures équilibrées et responsables, ce budget parvient a concilier justice sociale et fardeau fiscal à l’échelle du territoire canadien.

D’abord, la baisse de TPS. Les familles à faible revenu étant celles qui consomment le plus, elles pourront enfin profiter d’un allégement du fardeau qui les guettait chaque fois qu’elles devaient s’engager dans de folles dépenses. Les commerces de détail frémissent déjà à l’idée de voir leur inventaire fondre devant la relance de la consommation que ce geste devrait apporter.

Et comme si un peu de canard ne suffisait pas, malgré cette baisse, le gouvernement Harper sors le caviar (encore une fois) et vient donner un coup de main supplémentaire aux familles à faible revenu en ne diminuant pas le crédit de TPS.

Voilà une attitude empreinte de la plus pure tradition de justice sociale qui devrait servir d’exemple à tous ceux qui s’imagine que l’on ne peut pas combiner diminution des revenus de l’État et aide aux plus démunis.

Vous croyez vraiment que le bon temps est terminé ? Détrompez-vous ! Ravigoté par les surplus accumulés et fort de la bonne santé financière des provinces, le gouvernement fédéral diminue à la fois le fardeau fiscal des particuliers et des entreprises.

Voilà deux gestes à souligner qui, combinés, marquent l’important sens de l’équité de ce gouvernement.

Sur le plan des baisses d’impôts aux particuliers, c’est encore une fois les plus pauvres qui en profiteront.

Dans un élan de générosité incroyable, le gouvernement augmente le montant personnel de base des contribuables, permettant ainsi à 385 000 canadiens de ne plus payer d’impôts.

Voilà une attitude digne d’une gauche réellement efficace. Ce gouvernement voit enfin globalement et cessera d’étrangler par le biais des impôts le budget de nombreux citoyens à faible revenu. Après tout, ce sont eux qui profiteront en premier des coupures dans les programmes sociaux qui viendront subtilement s’inscrire dans la stratégie d’allégement fiscal de notre gouvernement.

Dernier éveil, et non le moindre, le gouvernement agit enfin sur le plan de l’étouffant fardeau fiscal des entreprises canadiennes.

N’écoutant que son courage, le gouvernement met la main à la pâte pour aider les entreprises et se privera de revenus supplémentaires afin de se repositionner plus avantageusement en terme de concurrence fiscale par rapport aux autres pays du G7.

C’est bien connu, le Canada traîne de la patte en la matière . Ces baisses étaient non seulement nécessaires, mais elles étaient indispensables pour la survie économique du pays.

Certains cyniques prétendront que ces dernières baisses, adressées aux entreprises, ne s’inscrivent pas dans la même logique de justice sociale que les autres mesures de ce budget.

Ce serait alors oublier que ces entreprises responsables ont pour objectif premier de générer du profit dans le respect des travailleurs qu’ils embauchent.

Croire au potentiel d’amélioration des conditions de travail des salariés par l’entremise d’une baisse d’impôts aux entreprises s’inscrit dans la plus pure tradition canadienne de la promotion de la justice sociale.

Pas de doute.

En jetant aux poubelles toutes ces anciennes mesures inspirées d’un néolibéralisme crasse qui ne faisait qu’appauvrir la collectivité et les citoyens, ce budget marque une nouvelle ère en matière de politique publique canadienne.



À découvrir: George Carlin.
octobre 30, 2007, 12:27
Classé dans : George Carlin

Après une si longue pause, voilà un retour plutôt discret de ma part. Un petit vidéo. Je ne peux faire mieux, ça brasse pas mal dans ma vie, celle de l’autre côté du clavier.

Par contre, ce vidéo vaut la peine. George Carlin, un stand-up comique à découvrir.

Oui, il y a un côté déterministe à son histoire… mais le gars est trop crinqué, vraiment divertissant et après tout, un stand-up, ce n’est pas fait pour s’enfarger de nuances. La deuxième partie est meilleure. Via La Tribu du Verbe

“It’s called american dream because you have to be asleep to believe it”.

“They don’t want a population of citizens capable of critical think. That doesn’t help them.”

Bon, ça l’air que Myspacetv et wordpress s’entendent mal côté insertion de vidéo.

Voici le lien:

George Carlin – Who Really Controls America




Dion s’incline.
octobre 18, 2007, 10:07
Classé dans : Démission, Stéphane Dion, harper, plc, renversement

Ce matin, le vénérable journal “Le Soleil”, celui qui arrive à se dégrader à la vitesse de la lumière même si son principal concurrent est en “knock-out”, titrait : “Dion s’incline”.

 De loin, j’ai pensé qu’il démissionnait. J’ai beau avoir prédi son élection, je n’irai pas jusqu’à m’accrocher à sa présence à la tête du parti libéral… D’ailleurs, monsieur Dion serait dans la tourmante.

Mais non. Il ne s’agissait pas d’une inclinaison interne, mais d’une inclinaison externe.

 Le parti Libéral du Canada ne renversera pas Harper.

“Il n’est pas de l’in­té­rêt na­tio­nal de te­nir des élec­tions”, a déclaré Dion.

Accoté au bar, après sa conférence de presse, parions qu’il modifia un peu sa “ligne” en compagnie de ses valeureux collègues:

 ”Il n’est pas de l’intérêt national, ni de mon intérêt, de tenir des élections”.

Lien: L’attachépol se laisse aller avec deux billets sur Dion et le discours du trône. À lire.



Blog action day; perspective critique.
octobre 15, 2007, 4:11
Classé dans : Blog Action Day

Quoi de mieux que le blog action day pour réfléchir à l’évolution du mouvement écologiste ? Je dois vous avouer que quelque chose m’échappe royalement avec le dossier de la déterioration de l’environnement sur notre planète.

Cela paraît tellement évident que c’est devenu cliché de dire que l’environnement est le dossier politique le plus rassembleur de notre pays, voir du monde. Pourtant, le mouvement qui porte ses revendications ne semble pas être en mesure de concrétiser politiquement la sympathie qui provient de l’espace citoyen.

De deux choses l’une: soit certains acteurs qui prétendent appuyer les causes environnementales sont de mauvaise foi, soit le mouvement écologiste fait fausse route stratégiquement. Je pense qu’il s’agit un peu des deux. Mais je m’attarderai à l’aspect stratégique du mouvement environnemental, puisque je n’ai pas envie de développer ici sur l’évidence de la récupération médiatique de certaines causes populaires par des grandes campagnes corporatives qui n’ont de crédible que le papier recyclé sur lequel leurs affiches sont produites.

Entendons-nous bien, je vous livre ici des impressions. Je m’intéresse à la cause environnementale mais je ne “milite” pas au sein de ce mouvement. J’accepterai donc la critique avec ouverture, conscient que ma perspective sur ce sujet est limité.

 Ceci dit, j’ai tout de même un problème avec le choix du discours des grands porte-parole de ce mouvement. L’approche du “chaque petit geste compte” m’agace royalement. Pourquoi ? Parce que cette approche met de côté l’importance de l’action collective dans la résolution de ce problème de taille.

Appliqué à notre quotidien, l’approche du “chaque petit geste compte” ne peut être remise en question. Cela semble évident. Le problème, c’est qu’on s’y complaît et que l’on reproduit ce raisonnement dans l’analyse des gestes posés par les décideurs politiques.

Or, pour nos décideurs, le fait que “chaque petite politique compte”, c’est de la bullshit.

Il ne faut pas laisser le droit à tous les partis politiques de récupérer la cause environnementale parce qu’ils ont dans leur plate-forme identifié un beau “petit geste”. Pourtant, j’ai l’impression que c’est ce qui se produit.

À la minute qu’un parti identifie quelques geste à poser en matière environnementale, on dirait que l’esprit critique du citoyen s’éteint. Y a t-il une section environnementale dans la plate-forme ? Good. Prochain dossier.

Pourtant, “dégraisser l’État” et privatiser son action, c’est aussi couper dans les mécanismes de contrôles environnementaux et désinvestir dans des secteurs comme le transport en commun et le financement de technologies “plus verte”.

Et comment réagissent les portes-paroles des groupes environnementaux ? Ils s’y complaisent et critiques à peine les rammassis de solutions populistes et court-termiste qui nous sont présentés.

Il fallait voir Greenpeace patiner devant Dutrizac (TQS) aux dernières élections fédérales lorsqu’est venu le temps de planter les politiques mise de l’avant. Tous les programmes étaient “moyen” mais un “pas dans la bonne direction”. On fait de la créditite d’impôt aigü avec un phénomène qui mériterait beaucoup plus de ressources.

Penser globalement c’est aussi voir l’incohérence entre l’importance d’investir massivement dans des solutions coûteuses à court terme mais profitables à long terme et nos décideurs qui déconstruisent nos mécanismes d’investissement collectif.

C’est ce que je reproche au mouvement écologiste. Le refus d’amener le débat dans la sphère plus large des idéologies de nos parlements, de la question sociale et de l’influence de notre système de production sur la planète.

Se complaire dans l’individualisation des solutions liés à la cause environnementale, c’est souscrire au fait que nous sommes tous de petits citoyens seuls et atomisés, c’est jouer le jeu du pouvoir politique partisan et court-termiste, c’est perdre de vue le pouvoir collectif que nous avons pour influencer la suite des choses.



En rafale ?
octobre 11, 2007, 6:30
Classé dans : Guerre, Parti libéral du canada, Stéphane Dion, afghanistan, plc

Une autre rafale ? J’abuse peut-être, mais c’est ce dont j’ai envie, et puis certains blogues semblent plus motivés que moi pour vous pousser un raisonnement qui se tient ces temps-ci. Au fait, c’est correct des rafales ou ça ne donne rien de plus qu’un billet vide ?

1. Via le périscope, une (autre) lettre ouverte sur l’Afghanistan. Au delà de ce qu’on a déjà entendu, j’aime bien la perspective qui tente de faire comprendre qu’au-delà des objectifs de base du début de la mission en 2001, l’action militaire aura engendré d’autres formes de micro-guerres internes qui ne sont plus reliées à la question du terrorisme ou des talibans. À mon humble avis, il s’agit d’une piste intéressante pour ceux qui, sous l’angle du retrait des troupes ou de la modification de leur rôle, réclame un changement à cette mission.

2. Ça va bien au Parti Libéral du Canada… Le PLC est dans une position où il n’a pas le droit (par tradition ou principe) d’appuyer le gouvernement en place mais tomber en élection pourrait lui être encore plus fatal. En fait, la seule fenêtre d’occasion qui donnerait une raison valable au PLC de ne pas renverser le gouvernement conservateur, ce serait la démission de Stéphane Dion. Tordu non ?

3. Je médite sur le phénomène de la page blanche. Pour des raisons différentes que celles qu’avancent Louis, je pense que mon “spleen du blogueur” s’en vient.  Disons que je suis de plus en plus déçu de la tournure que prend la blogosphère politique. J’ai commencé à bloguer pour y découvrir un monde de réflexion et je me retrouve devant des raisonnements qui ne valent pas mieux que ceux qui m’ont fait m’éloigner du milieu des “packages d’idées” de la politique partisane. Je ne fais évidemment pas référence à ceux qui commentent ici, car je suis parfois surpris de la qualité de vos commentaires. Mais disons que ce sont les interactions inter-blogue et ce qui se passe ailleurs qui me fait réfléchir. J’avais simplement envie de vous en glisser un mot. Et puis, c’est toujours facile de lancer la première pierre.

4. Je quitte mon environnement douillet pour quelques jours, j’ignore si j’aurai un accès internet où je m’en vais donc la cadence pourrait ralentir un peu sur ce blogue d’ici la semaine prochaine. Pas certain par contre, à suivre…



Lettre ouverte d’un ambulancier d’Urgences-santé.
octobre 9, 2007, 11:14
Classé dans : CSN, Réjean Leclerc, Urgence-santé, ambulanciers, syndicat

Je publie aujourd’hui une lettre ouverte de Réjean Leclerc, président d’un syndicat représentant les ambulanciers paramédicaux d’Urgences-santé. Je crois qu’elle est atteri dans ma boîte courriel par le biais d’une liste du site “La tribu du verbe“.

J’ai mis en gras certaines préoccupations de ce président de syndicat. Vous remarquerez qu’il ne s’agit pas uniquement de salaire et d’ancienneté, mais d’un travailleur qui s’inquiète de l’évolution de son milieu de travail et qui reconnaît les efforts de son employeur, tout en voulant contribuer, faire quelque chose.

Pénurie de personnel chez Urgences-santé

Entendez-vous la sirène d’alarme ?

Les médias ont porté beaucoup d’attention récemment à la démission d’un collègue ambulancier paramédical d’Urgences-santé, démission remise il y a quelques semaines. Ce n’est que la pointe de l’iceberg !

Depuis janvier 2006, 68 ambulanciers paramédicaux ont quitté Urgences-santé, dont 47 ont remis leur démission. Actuellement, environ 800 ambulanciers paramédicaux sont à l’emploi de la corporation, dont le quart environ sont en arrêt de travail, la plupart pour des raisons de santé physique ou psychologique. C’est donc dire qu’un employé actif sur 10 a quitté Urgences-santé au cours des derniers mois et le phénomène va empirant d’année en année.

Ce serait un problème de taille dans n’importe quelle entreprise. Quand cela concerne un organisme qui répond, annuellement, à plus de 276 000 demandes de transport préhospitalier d’urgence, cela devient particulièrement inquiétant. Le service exclusif d’ambulances de Montréal et de Laval a un problème criant : Urgences-santé n’arrive pas à retenir son personnel expérimenté ni à attirer la relève en nombre suffisant.

Il ne fait aucun doute que les ambulanciers paramédicaux de Montréal et de Laval ont de plus en plus de difficultés à répondre à tous les appels dont le volume augmente constamment. La charge de travail s’alourdit ; le nombre d’heures supplémentaires explose ; les horaires de travail sont de plus en plus exigeants. Par conséquent, les démissions, les accidents de travail, les dépressions et les burn out se multiplient. Les départs alourdissent le fardeau de la tâche de ceux qui restent. Urgences-santé est incapable d’attirer suffisamment de relève pour combler les départs. Et la roue tourne…

Cette situation ne peut durer. Il en va de la santé et de la sécurité des travailleuses et des travailleurs autant que de la qualité des services à la population. Chaque jour qui passe sans action concrète, nous rapproche du point de rupture, du moment où Urgences-santé ne sera plus capable d’assurer le haut niveau de qualité que maintiennent actuellement les ambulanciers, à bout de bras.

Comme représentant syndical, je reconnais qu’Urgences-santé ne reste pas les bras croisés. Si nous divergeons d’opinion quelques fois quant au remède, nous nous entendons sur le diagnostic : la profession d’ambulancier paramédical n’est pas reconnue à sa juste valeur et des efforts doivent être consentis pour rendre la profession attirante et mettre en place des conditions qui inciteront les salarié-es expérimentés à poursuivre leur carrière chez Urgences-santé. Et ce n’est pas seulement une question d’argent. En associant davantage les salarié-es à l’organisation du travail, en leur permettant de mieux concilier leurs obligations familiales et leur travail, entre autres, on pourra faire du milieu ambulancier un milieu professionnel beaucoup plus intéressant pour la relève. C’est en ce sens que nous souhaitons travailler dès maintenant avec Urgences-santé.

Toutefois, pour régler les problèmes fondamentaux, il faudra le concours d’un acteur trop silencieux en ce moment : le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard. Les fonctionnaires de son ministère, comme le ministre lui-même, connaissent les problèmes que nous vivons au quotidien. Ils savent que la situation est intenable. Et surtout, ils sont conscients des risques qu’il y a à ne rien faire. Le transport préhospitalier d’urgence occupe-t-il la place qui lui revient dans les plans du ministère ? On peut en douter.

Pourtant, on nous confie de plus en plus de responsabilités et, avec le vieillissement de la population, nul doute que nos interventions seront de plus en plus nombreuses et de plus en plus complexes. Nous sommes en faveur de la professionnalisation dans le secteur et considérons qu’on peut même aller plus loin dans le développement des services. Il y a toutefois une limite à ajouter sans cesse des pièces et des étages à un édifice sans toucher aux fondations. Il est grand temps d’agir. Plus nous attendrons, plus il sera difficile de régler les problèmes reliés à la pénurie de main-d’œuvre.

Réjean Leclerc,

président du Syndicat du préhospitalier CSN, le syndicat représentant les ambulanciers paramédicaux d’Urgences-santé

1. Selon une étude récente du Centre de recherche et d’intervention sur le suicide et l’euthanasie de l’UQAM, commandée par la corporation, plus de la moitié des ambulanciers paramédicaux du Grand Montréal vivent un niveau élevé de détresse psychologique



L’entreprise responsable socialement: Y croyez-vous ?
octobre 8, 2007, 6:30
Classé dans : entreprise, question, responsabilité sociale

J’emprunte aujourd’hui à l’attachépol le concept de la question du moment… histoire de m’aider à réfléchir un peu sur un sujet qui me tenaille présentement.

C’est simple, je pose une question et, par lâcheté, je ne développe pas trop.

Vous, vous répondez. Je m’engage cependant à être actif dans les commentaires… histoire de ne pas rendre l’exercice trop stéril.

Question: Croyez-vous au concept de l’entreprise responsable socialement et s’agit-il de la voie à suivre dans le cadre de la création d’un système économique plus juste à l’échelle planétaire ?

Ok. On respire. Je vous autorise à choisir seulement la première portion de la question si vous vous sentez plus relax en ce lundi matin.

Si vous voulez une piste, je vous avouerai que pour ma part, le concept m’inquiète.

Pas parce que je ne désire pas que les entreprises soient responsables socialement.

Parce que j’ai l’impression que le concept de responsabilité s’adapte à la mode du jour, rassurant ainsi les consommateurs tout en consolidant l’image de l’entreprise au détriment des apparentes contradictions que l’on peut retrouver si l’on subdivise le concept de responsabilité.



Détente entre deux scandales blogosphériques.
octobre 5, 2007, 11:40
Classé dans : blogosphère, blogue, disparition

Bon la mer redevient un peu plus calme sur la blogosphère. On peut recommencer notre petit train train quotidien sans se demander quel pseudonyme viendra nous hanter …

En attendant, bien des blogueurs se demandent s’ils perdent leur temps avec tout ces blogues. Ça doit être “l’effet Dumont“. Personnelement, je salue les blogues adéquistes, ça m’énerverait de défendre quotidiennement quelqu’un qui considère que je perd mon temps.  

Histoire de bien débuter la fin de semaine, je vous laisse sur un petit vidéo produit par nos cousins français, à propos d’une éventuelle disparition des blogues. Le vidéo “date” un peu mais dans notre contexte, je le trouve pertinent. Pour ceux qui l’ignorent, Loïc Lemeur est un des blogueurs français les plus connus.



En rafale: 2 blogues et le Canadien de Montréal.

Parce qu’une petite rafale ça fait toujours du bien…

1. Capitaine Virgil s’en donne à coeur joie à propos de la Commission Bouchard-Taylor et surtout, au sujet du maire de son patelin d’un maire près de chez lui (Faut pas mêler Saguenay et Lac Saint-Jean, c’est un peu comme prétendre que les gens de Sainte-Marie sont des vrais beaucerons (!!!) ). Trève de plaisanteries, une analyse qui vaut la peine, de la part d’un assidu de ce blogue, à mon grand plaisir.

2. Rantes débarque sur la blogosphère. Militant du pq un peu retiré maintenant, il semble en voie d’écorcher tous les partis de son humour grinçant. Un nouveau blogue qui a du potentiel dans le genre “partisan qui dit ce qu’il pense sans ligne de parti”. Impossible de le lire sans sourire en coin.

Son dernier billet nous présente une Action démocratique du québec, où la démocratie est entre parenthèse… L’image vient de lui, un jeu de graphisme succulent. V abordait aussi la question plus tôt cette semaine.

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3.Grosse victoire du Canadien de Montréal hier. Ne reste plus qu’à savoir en combien de match on gagne la coupe. Ma prédiction: En 5 sur un but “one timer” de Brisebois venant d’une passe de Kovalev. (J’adore l’ironie).



Début des concessions chez Olymel: un peu de perspective.

Dans sa couverture des relations de travail chez Olymel, le MediaMatinQuebec d’hier sors un travailleur anonyme de son chapeau et trouve une jolie citation croustillante:

«La CSN est rendue une business. Alors, plutôt que de tout perdre nos cotisations, elle a plié.»

Cette citation a de quoi faire jouir le premier esprit antisyndical du coin. Mais si on accepte d’y voir plus loin, ce réflexe n’est pas antisyndical, il en est un de désarroi.

Bien des travailleurs qui ont vécu une amère défaite collective finissent par en vouloir au syndicat.

Quand on se fait casser et qu’on y a cru, qu’on a investi beaucoup d’énergie, on peut finir par se dire que ça ne vaut plus la peine de se battre. Et Olymel, c’est une défaite. Une défaite qui illustre très bien la chute du pouvoir syndical sur le plan mondial.

Mais pourquoi parle-t-on seulement du syndicat dans cette histoire ? Pourquoi ne parlerait-on pas des travailleurs ? Le syndicat, après tout, ce n’est que le relais de ceux qui décident de se regrouper collectivement.

À 3 reprises l’hiver dernier, face à une menace de fermeture, le couteau sur la gorge, les travailleurs d’Olymel ont résisté.

Ils ont refusé 3 offres finales. Ça en prenait des couilles. Et on ne peut prétendre qu’ils ne sont pas battu. Mais ils ont accepté la quatrième offre. Certains diront “à rabais”. “La CSN voulait les cotisations”.

Moi je parie plutôt que devant la menace, ce sont les 62 % de travailleurs qui ont voté en faveur des concessions qui voulaient garder leur job. Peut-on leur en vouloir ?

Ce conflit était devenu un psychodrame pour toute la communauté de Vallée-Jonction  de Beauce. Autrefois, c’est le village au complet qui serait sorti avec les travailleurs. Les communautés se tenaient. Le tissu social passait avant l’égoïste bien-être économique de chacun (comme si, à long terme, la richesse ne pouvait pas être collective). Mais nous n’en sommes plus là.

La théorie économique dominante fini par nous faire croire que nous sommes de petits êtres seuls, individualisés et atomisés.

Aujourd’hui, quand une usine contribue à l’économie de tout un village, c’est la pression de tous les citoyens qui est sur le dos des travailleurs pour qu’ils se la ferment et qu’ils retournent à la “shop”, perte de salaire ou non.

C’est à cela que faisait face les travailleurs, c’est à cela que faisait face le syndicat.

Et au lieu de tout perdre, de mettre fin à l’existence du lien d’emploi, ils ont décidé de céder. À contrecoeur.

Mais ils n’ont pas arrêté de résister pour autant. C’est ce qu’il faut comprendre.

Ce côté des relations de travail, les citoyens et les médias s’y intéressent trop peu. On s’intéresse aux milieux de travail quand la marde est pognée, quand il y a de l’action. Puis, on oublie que ces parties vont continuer à vivre ensemble par la suite, à l’abri des caméras.

Quand on regarde uniquement le petit côté juteux de la négociation, on peut saluer ou regretter le fait que le syndicat se soit fait casser.

Mais quand on pense à la santé de l’entreprise, on regrette, à coup sûr. Casser un syndicat, pour un employeur, ça a un coût. Et à long terme, ce coût est peut-être encore plus élevé que le maintien de bonnes conditions de travail.

Gérer par la menace, la peur et la coercition tout en encourageant la décroissance des salaires, ça peut paraître courageux côté patronal dans le difficile contexte de cette “bataille sur le marché mondialisé”.

Mais quand on perd le respect de ses travailleurs, on peut aussi perdre beaucoup d’argent.

Casser une grève, ce n’est pas étouffer la résistance.

C’est en créer une autre forme.

Les 118 départs, le roulement de personnel (coûts d’embauche et de formation) de même que le cynisme et la démotivation de ceux qui restent (perte de productivité) pourront coûter très cher à Olymel.

En espérant que ça ne dénénère pas encore vers la fermeture.

Mais au fait, ce n’est pas ce que souhaite Olymel depuis le début ?