J’emprunte aujourd’hui à l’attachépol le concept de la question du moment… histoire de m’aider à réfléchir un peu sur un sujet qui me tenaille présentement.
C’est simple, je pose une question et, par lâcheté, je ne développe pas trop.
Vous, vous répondez. Je m’engage cependant à être actif dans les commentaires… histoire de ne pas rendre l’exercice trop stéril.
Question: Croyez-vous au concept de l’entreprise responsable socialement et s’agit-il de la voie à suivre dans le cadre de la création d’un système économique plus juste à l’échelle planétaire ?
Ok. On respire. Je vous autorise à choisir seulement la première portion de la question si vous vous sentez plus relax en ce lundi matin.
Si vous voulez une piste, je vous avouerai que pour ma part, le concept m’inquiète.
Pas parce que je ne désire pas que les entreprises soient responsables socialement.
Parce que j’ai l’impression que le concept de responsabilité s’adapte à la mode du jour, rassurant ainsi les consommateurs tout en consolidant l’image de l’entreprise au détriment des apparentes contradictions que l’on peut retrouver si l’on subdivise le concept de responsabilité.
12 commentaires jusqu'à présent
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Il y a des entreprises responsables socialement, ex: Ben & Jerry’s http://www.benjerry.com/index.cfm?ps=us qui est reconnu pour son implication sociale, ses choix pro-environnementaux, etc.
Mais les entreprises sont commes les humaines, il est utopique de croire que toutes personnes peuvent être responsables socialements ou même simplement gentille, pourquoi en serait-il différent de ces mêmes entreprises fondées par ces mêmes humains?
Comment par MrSillery octobre 8, 2007 @ 8:33Tes préocupations du dernier paragraphe de ton billet sont justifiées. L’exemple d Wal-Mart relaté sur la blogosphère dernièrement suite à un article du journal Les Affaires en est un exemple.
Par contre, pour m’être impliqué à HEC Montréal dans une association étudiante qui s’est donné pour mission la sensibilisation de la communauté des affaires aux concepts et pratiques du commerce équitable, de l’environnement et de la responsabilité sociale, je peux dire que l’idée fait du chemin.
Aujourd’hui, les entreprises réellement socialement responsable pour les bones raisons comparativement à celles qui le font par opportunisme (j’y reviendra) sont nombreuses et connaissent le succès: Ben & Jerry’s, Cascades, Interface, Produits Lemieux, Desjardins (critiqués mais je le mets tout de même), La Barberie, Commerce équitable Oxfam-Québec Inc. (oui, oui Inc. mais qui est géré comme une entreprise d’économie sociale) etc.
Bref, comme la liste précédente le démontre une entreprise responsable socialement n’est pas nécéssairement privé. Ce peut être une entreprises d’économie sociale au visée entrepreneuriale et commerciales très dévelopmée, ou encore une coop. D’ailleurs, je crois que le modèle coopératif est le modèle d’affaires par excellence pour contrer les effets négatifs du capitalisme tribal.
Ceci dit il est vrai que le concept se fait récupérer très souvent par des entreprises qui s’en foutent pas mal des valeurs que sous entendent le concepts mais ne le font que pour entretenir leur capital de sympathie vers leurs consommateurs. Bref, une stratégie markeging ni plus ni moins jusqu’à ce que la courant change de bord. Van Houtte et tous ses autres coffee shop avec leur très restreints produits équitables mais avec de très grosse campagne de publicité est un bel exemple et je reciterai encore celui trè ressent de Wal-Mart. De plus, dernièrement nous voyons beaucoup d’entreprises diverses (assurances, communication (Telus), etc.) commandités des plantations d’arbres pour compenser leurs émissions de gaz à effet de serre. Est-ce un réel changement de mentalité ou seulement un stratégie pour atténuer la rage environnementale de leur clièntèle?
Mais même dans ces cas très discutables de responsabilité sociale d’entreprises, les conséquences sociales et/ou environnementales se sont sentir et pour celà je ne cracherai pas sur ces petites victoires. Par contre, comme il est facile de berner le consommateur, il est triste que ces acteurs s’accaparent le titre d’entreprise responsable et contribuent à diluer l’expression.
Voilà ce que j’en pense. Désolé pour la longeur.
Comment par Sgt Scott octobre 8, 2007 @ 8:56Je suis assez d’accord avec Sgt Scott. Je ferai le parallèle avec les actions boursières éthiques. Je ne veux pas tout expliquer c’est quoi, mais les «entreprises éthiques» sont choisies dans ce sens. Parfois, on choisit les moins pires dans un domaine, mais on encourage les entreprises à développer le sens éthique.
Comment par folliculaire octobre 8, 2007 @ 10:05Je vais résumer rapidement mon opinion : l’Entreprise privée est une plaie à combattre, et est l’équivalent de l’Église d’autrefois.
Comment par Camarade Tova octobre 8, 2007 @ 11:09J’ajouterai ceci:
Un modèle d’entreprise coop et plus que responsable socialement (et ce même si certains de ses fournisseurs sont asiatiques) est le MEC (Mountain Equipment Coop). Cet entreprise rallie promotion de l’activité sportive non polluante avec bâtiment écologique (certification LEED), éducation de ses membres, excellent service à ce dernier, politique d’achat transparente et rigide (audit jusqu’au fournisseur d’un fournisseur étranger), produits de qualité, etc.
Aussi, je dirais aussi qu’il y a et aura toujours une masse critique de consommateurs qui ne se fera pas leurrer par l’alléchage marketing des entreprises qui se disent “socialement responsable”. Je crois même que cette masse grandit à chaque année et fait en sorte d’éduquer d’autres consommateurs (désolé pour l”égocentrique mais si je remonte à il y 7 ans, je suis un de ses consommateurs qui s’est éduqué et a éduqué son entourage (amis et famille) qui ensuite a fait circuler le message dans leurs entourages respectifs). Bref, je crois en la chaîne du bouche-à-oreille de la sensibilisation.
Voilà pour mon ajout.
Comment par Sgt Scott octobre 8, 2007 @ 11:09La RSE est une joke. Pour paraphraser Milton Friedman, la responsabilité sociale de l’entreprise, c’est de faire du profit.
LA RSE participe de la même logique que celle voulant nous faire croire que le secteur privé peut s’autoréguler à travers des codes de conduites.
Par ailleurs, comme la RSE s’appuie ultimement sur la solidarité des consommateurs envers les producteurs, elle ne pourra jamais aller plus loin que le niveau de solidarité réellement existant entre ces deux groupes. Et je suis comme pas sur que le niveau de solidarité envers le travailleurs chinois/latino-américains, etc. est très élevé, ce qui limite d’autant plus le potentiel de la RSE.
Bref, pour le travail n’est pas une marchandise comme les autres et il ne peut être laissé au “bon soin” du marché. Ca m’apparait tellement clair…
Comment par mrpointu octobre 8, 2007 @ 12:48Tant que les entreprises s’opèrent dans la système capitaliste, les profits seraient toujours plus importants que la responsabilité aux consommateurs.
Comment par Abdul-Rahim octobre 8, 2007 @ 2:55Quand j’entends dire que les entreprises sont inaptes à être socialement responsable, ça m’insulte.
Quand j’ai démarré ma compagnie je voulais faire deux choses avant tout : 1- aider mes clients dans leurs démarches; 2- créer du travail.
Si je faisais du profit, je le réinvestissais à ces fins.
Comment par Guillaume Lamy octobre 8, 2007 @ 11:26@Guillaume: Très nobles missions pour ton entreprise. Bravo et diffuser le message dans votre réseau d’entrepreneur, il faut plus de gens avec cette mentalité.
Comment par Sgt Scott octobre 9, 2007 @ 9:04Je me questionnais à ce propos en fin de semaine lors d’une randonnée à vélo. Nous étions en train de discuter du terme ressources humaines, des nouvelles approches de gestion, et nous en sommes venus au rôle de l’éducation par rapport au marché du travail.
Finalement, pas très relaxant comme randonnée ! Je me suis ensuite retiré du peloton (nous étions 3!) pour réfléchir à la question suivante : est-ce que notre modèle économique aurait permis à notre société de se rendre où elle est, non péjorativement, si les entreprises auraient eu à assumer les coûts sociaux et environnementaux qu’elles provoquent ?
Je mets toutes les entreprises dans le lot, puisque dans le fond il n’y a pas de différence de nature peu importe le statut de l’entreprise, mais bien une différence de niveau. Plus précisément, je ne crois pas qu’il y ait une entreprise neutre environnementalement et socialement parlant.
Cela veut aussi dire qu’il y en a qui font mieux que d’autres et qu’il faut encourager celles-ci à continuer et à aller plus loin. Mais, fondamenatlement, nous ne faisons pas payer un prix suffisant aux entreprises en regard des impacts négatifs qu’il génèrent.
En fait, c’est l’envers de la médaille de l’État providence. Celle-ci est au service de l’économie. Elle dit aux entreprises : vous n’avez pas besoin d’investir dans la formation de la main-d’oeuvre, vous n’avez pas besoin de vous occuper des impacts environnementaux de vos activités, vous n’avez pas non plus à réviser l’économie de marché afin que tous en profitent !
Non, l’État se charge de tout. Vous en faites déjà assez en nous fournissant ce dont nous avons besoin pour vivre, en nous fournissant du travail, etc. Nous ferons notre part. Nous allons absorber les dégâts faits à l’environnement, nous fournirons assistance aux démunis et nous vous assurerons d’une main-d’oeuvre qualifiée.
Bref, en payant un impôt “raisonnable”, vous n’aurez pas à vous inquiéter : développez-vous, prospérez, donnez du rendement à vos investisseurs !
Or, cet impôt est loin de couvrir les dommages “collatéraux” de notre économie de marché par l’intermédiaire de ses acteurs : les entreprises. Et, nous n’avons même pas encore commencer à réparer réellement les dommages causés. Qu’allons-nous faire lorsqu’il y aura des centaines de milliers de réfugiés environnementaux à accueillir ? Qu’allons-nous faire quand le niveau de l’Océan augmentera et qu’il faudra déplacer nos grandes villes majoritairemnet installer près de l’eau ?
Pendant des centaines d’années maintenant, nous assumons collectivement les coûts sociaux et environnementaux des entreprises privées, afin qu’individuellement certains s’enrichissent. Alors, toutes cette “bullshit” de rsponsabilité sociale de l’entreprise, n’est qu’une poignée de trente sous pour des problèmes nécessitant des milliards de dollars.
Le plus inquiétant, c’est qu’il ne semble pas y avoir de mécanismes à court terme qui nous permettrait de réunir les sommes suffisantes pour pallier aux problèmes générés par les entreprises.
Je ne dis pas qu’individuellement nous n’avons aucun responsabilité, mais en une année une entreprise risque de créer plus de dommage qu’un individu seul pendant tout le temps de sa vie. Pensons notamment à l’industrie pétrolière.
Bref, c’est à peu près là que ma randonnée s’est terminée, alors je n’en suis que là dans ma réflexion. Je suis content de voir qu’elle pourra continuer ici !
Comment par capitainevirgil octobre 9, 2007 @ 10:37Vos contributions sont toutes très intéressantes et je ne m’attendais honnêtement pas à un tel niveau de participation. Merçi.
PLutôt que d’intervenir, ici, je tenterai de prendre le temps de faire ressortir certains éléments parmi vos commentaires et d’en faire un billet, ce qui relancera probablement la discussion. En attendant, si vous n’avez pas encore mis votre grain de sel, n’hésitez pas !
Comment par tetoine octobre 9, 2007 @ 11:18Oui j’y crois. C’est la seule façon éthique de faire des affaires. C’est aussi la plus payante à long terme car une bonne réputation es tlongeu à établir et peut se perdre en quelques minutes.
Comment par alinebinette octobre 27, 2007 @ 5:02