Tetoine’s Palace


Lettre ouverte d’un ambulancier d’Urgences-santé.
octobre 9, 2007, 11:14
Classé dans : CSN, Réjean Leclerc, Urgence-santé, ambulanciers, syndicat

Je publie aujourd’hui une lettre ouverte de Réjean Leclerc, président d’un syndicat représentant les ambulanciers paramédicaux d’Urgences-santé. Je crois qu’elle est atteri dans ma boîte courriel par le biais d’une liste du site “La tribu du verbe“.

J’ai mis en gras certaines préoccupations de ce président de syndicat. Vous remarquerez qu’il ne s’agit pas uniquement de salaire et d’ancienneté, mais d’un travailleur qui s’inquiète de l’évolution de son milieu de travail et qui reconnaît les efforts de son employeur, tout en voulant contribuer, faire quelque chose.

Pénurie de personnel chez Urgences-santé

Entendez-vous la sirène d’alarme ?

Les médias ont porté beaucoup d’attention récemment à la démission d’un collègue ambulancier paramédical d’Urgences-santé, démission remise il y a quelques semaines. Ce n’est que la pointe de l’iceberg !

Depuis janvier 2006, 68 ambulanciers paramédicaux ont quitté Urgences-santé, dont 47 ont remis leur démission. Actuellement, environ 800 ambulanciers paramédicaux sont à l’emploi de la corporation, dont le quart environ sont en arrêt de travail, la plupart pour des raisons de santé physique ou psychologique. C’est donc dire qu’un employé actif sur 10 a quitté Urgences-santé au cours des derniers mois et le phénomène va empirant d’année en année.

Ce serait un problème de taille dans n’importe quelle entreprise. Quand cela concerne un organisme qui répond, annuellement, à plus de 276 000 demandes de transport préhospitalier d’urgence, cela devient particulièrement inquiétant. Le service exclusif d’ambulances de Montréal et de Laval a un problème criant : Urgences-santé n’arrive pas à retenir son personnel expérimenté ni à attirer la relève en nombre suffisant.

Il ne fait aucun doute que les ambulanciers paramédicaux de Montréal et de Laval ont de plus en plus de difficultés à répondre à tous les appels dont le volume augmente constamment. La charge de travail s’alourdit ; le nombre d’heures supplémentaires explose ; les horaires de travail sont de plus en plus exigeants. Par conséquent, les démissions, les accidents de travail, les dépressions et les burn out se multiplient. Les départs alourdissent le fardeau de la tâche de ceux qui restent. Urgences-santé est incapable d’attirer suffisamment de relève pour combler les départs. Et la roue tourne…

Cette situation ne peut durer. Il en va de la santé et de la sécurité des travailleuses et des travailleurs autant que de la qualité des services à la population. Chaque jour qui passe sans action concrète, nous rapproche du point de rupture, du moment où Urgences-santé ne sera plus capable d’assurer le haut niveau de qualité que maintiennent actuellement les ambulanciers, à bout de bras.

Comme représentant syndical, je reconnais qu’Urgences-santé ne reste pas les bras croisés. Si nous divergeons d’opinion quelques fois quant au remède, nous nous entendons sur le diagnostic : la profession d’ambulancier paramédical n’est pas reconnue à sa juste valeur et des efforts doivent être consentis pour rendre la profession attirante et mettre en place des conditions qui inciteront les salarié-es expérimentés à poursuivre leur carrière chez Urgences-santé. Et ce n’est pas seulement une question d’argent. En associant davantage les salarié-es à l’organisation du travail, en leur permettant de mieux concilier leurs obligations familiales et leur travail, entre autres, on pourra faire du milieu ambulancier un milieu professionnel beaucoup plus intéressant pour la relève. C’est en ce sens que nous souhaitons travailler dès maintenant avec Urgences-santé.

Toutefois, pour régler les problèmes fondamentaux, il faudra le concours d’un acteur trop silencieux en ce moment : le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard. Les fonctionnaires de son ministère, comme le ministre lui-même, connaissent les problèmes que nous vivons au quotidien. Ils savent que la situation est intenable. Et surtout, ils sont conscients des risques qu’il y a à ne rien faire. Le transport préhospitalier d’urgence occupe-t-il la place qui lui revient dans les plans du ministère ? On peut en douter.

Pourtant, on nous confie de plus en plus de responsabilités et, avec le vieillissement de la population, nul doute que nos interventions seront de plus en plus nombreuses et de plus en plus complexes. Nous sommes en faveur de la professionnalisation dans le secteur et considérons qu’on peut même aller plus loin dans le développement des services. Il y a toutefois une limite à ajouter sans cesse des pièces et des étages à un édifice sans toucher aux fondations. Il est grand temps d’agir. Plus nous attendrons, plus il sera difficile de régler les problèmes reliés à la pénurie de main-d’œuvre.

Réjean Leclerc,

président du Syndicat du préhospitalier CSN, le syndicat représentant les ambulanciers paramédicaux d’Urgences-santé

1. Selon une étude récente du Centre de recherche et d’intervention sur le suicide et l’euthanasie de l’UQAM, commandée par la corporation, plus de la moitié des ambulanciers paramédicaux du Grand Montréal vivent un niveau élevé de détresse psychologique


12 commentaires jusqu'à présent
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Contribution intéressante au débat. Le point de vue de cet homme m’apparaît tout ce qu’il y a de plus justifié et pertinnent. On a d’ailleurs eu un problème au Lac-St-Jean, il y a quelques années, quand ils ont centralisé les appels du 911 à Québec. Y aurait-il un problème global de gestion des services ambulanciers ? Faut que ça se discute.
Cela étant dit, bien que ça ne soit pas le propos du texte, je me questionne effectivement sur la pertinence des “paramedics”. Est-ce bien de cela qu’on parle ? Il y a les ambulanciers, qui ont pour seule tâche de stabiliser le patient et de la transporter à l’hôpital. Il y aussi les “paramedics”, qui ont la formation nécessaire pour prodiguer certains soins, notamment utiliser un défébrilisateur. J’avais vu il y a quelques années un reportage qui établissait une relation entre le nombre de décès et l’utilisation de technicien paramédicaux : leur travail retardant l’arrivée à l’hôpital et la prise en charge par une équipe médicale complète, cela aurait un effet globalement négatif sur les chances de survie des patients.
M. Leclerc parle-t-il de l’ensemble des techniciens ambulanciers ou seulement des “paramedics” ? Si on parle du deuxième cas, peut-être faudrait-il avoir une réflexion globale sur l’ensemble du rôle et des tâches de ces travailleurs.

Commentaire par V

Belle initiative Tétoine! Entendez-vous la sirène d’alarme ? J’espère que le gouvernement l’entende…

Commentaire par folliculaire

@Claude: Il s’agit bien des paramédics. Pour le reste, d’après ce que je comprend de cette lettre, leurs responsabilités augmentent, il serait donc surprenant qu’un plan soit établi pour réduire leur rôle si une “relation” a été établi entre leur présence croissante et le nombre de décès. Mais bon, je suis loin de connaître tous les détails de la dynamique entre ambulanciers réguliers et leur rôle versus les paramédics. Même en incluant les ambulanciers cependant, je pense qu’on arriverait à un constat similaire du point de vue des conditions, surtout à l’extérieur de montréal. Lorsque je travaillais à l’insertion des travailleurs dans le domaine de la construction, j’étais surpris de voir combien d’ambulanciers troquaient leur volant pour un marteau de charpentier-menuisier, à cause des nouvelles formes d’horaire qui obligent à la disponibilité (à 5 minutes de la “caserne”) sur de longues période, sans rémunération.

J’aimerais toutefois revenir sur ta “relation” entre le nombre de décès et la présence de paramédics.

Je sais que tu n’a voulu que lancer la réflexion, et c’est très bien. Mais je prend la balle au bond pour réfléchir moi aussi, aux nombreuses “relations” qu’on nous présente dans de nombreux reportages, et sur certains blogues.

Établir une relation de cause à effet, c’est un travail de moine du point de vue scientifique, quand c’est bien fait. Voir des reportages établir une relation aussi simple,ou des blogues tirés des conclusions tordus à partir de deux statistique et d’un graphique,ça relève de la fraude intellectuel et on nous présente ce genre de raisonnement tous les jours, aux nouvelles ou ailleurs.

S’il y a une relation entre deux variables, cela ne signifie pas que l’une est la cause de l’autre. Dans le cas qui nous préoccupe, peut-être que les paramédics, vu leur compétence plus développés par rapport aux ambulanciers, sont systématiquement envoyé vers les cas les plus urgents et les plus risqués. Ainsi, il est peut-être normal que leur présence soit associé à un plus grand nombre de décès, sans qu’ils en soient nécessairement la cause…

Plus simplement, à partir de deux variables, soit le nombre de pompiers envoyés et l’intensité des incendies, on pourrait facilement conclure qu’il existe une “relation” entre le nombre de pompiers présents sur les lieux et l’ampleur des dommages subit en raison des flammes. Cela ne signifie pas pour autant que c’est la présence des pompiers qui engendre une croissance des flammes…

Commentaire par tetoine

Si je me souviens bien, ce que le reportage disait, c’était que la hausse du nombre de “paramedics” avaient coincidé dans le temps avec une hausse de mortalité chez les patients souffrant de détresse respiratoire ou cardiaque. Mais bon, ce qu’il y a d’encore plus hasardeux dans mon point, c’est que je ne sois même pas en mesure de citer la source… Je précise aussi que je n’affirmais pas que c’était le cas (la présence d’une relation)mais qu’il existait une prétention à l’effet duquel elle existait. Tout ça pour dire, en somme, que la question mérite d’être fouillée. C’était là l’essence de mon propos.

Commentaire par V

il n’existe plus aucune diffence entre ambulanciers et paramedics. Paramedic est seulement la nouvelle appellation d’ambulancier. Le probleme ne vient pas du terme qu’on emploi pour désigner un sauveur de vie mais plutôt du fait qu’il y a une augmentation de la surcharge de travail, vue le vieillissement de la population, du manque salariale, des horaires compliquées qui n’est pas toujours facile pour la famille.Vue le nombres criants de demissions, les braves qui restent doivent faire face à la musique avec des cas de plus en plus lourd et de plus en plus nombreux. Couillard devrait troquer son rôle de ministre pour faire une roude d’une semaine question d’être dans les culottes d’un ambulanciers qui se donne à coeur dans son travail dans des conditions pas toujours facile avec un salaire….disons-le qu’il ne mérite guère. Car bien sûr il mérite pas mal plus que ça. Pis as tout ceux qui peuvent se permettre de chialer qu’ils se plaigent pour rien poser vous une seule question :changeriez-vous de place avec eux s’ils ont de si bonne condition et un si bon salaire?????

Commentaire par kokine

Merçi pour ce témoignange Kokine, je crois comprendre que vous devez être un ambulancier ou en connaître un de près. Par contre, j’hésite un peu à ramener tout le problème autour du seul ministre de la Santé. Cela me semble un peu facile comme raisonnement, étant donné la complexité de l’organisation du travail à l’intérieur de l’ensemble du système de santé et le besoin d’en revoir certaines composantes.

Je comprend que vous attribuez la responsabilité à celui qui, en bout de ligne, est supposé être en mesure de faire quelque chose. Mais bon, qu’on soit d’accord ou non avec leurs idées, il faut être conscient que tout comme les ambulanciers, les politiciens ne sont pas des surhommes.

Commentaire par Tetoine

vous êtes trop gâté les boys ans girls…..
de trop belles conditions de travail fais des lâches….
jacques

Commentaire par jacques coulombe

A toi Jacques Coulombe, je crois que tu n’as pas une vision très éclairée du travail de paramédic. Je suis dans le domaine depuis plus de vingt ans et mon amour pour ce travail et les conditions dans lesquelles nous sommes sont opposés.

Tout d’abord, c’est un travail où l’on a un contact privilégié avec la population. Nous sommes là lors des crises psychologique, des détresse de tout ordre où la vie ne tient qu’à un fils, des traumatismes de différente ampleur allant d’une simple entorse à une amputation ou écrasement du corps, pour la prise en charge dans un milieu de misère humaine qui est difficile d’imaginé tellement la scène peut être atroce, les arrêts cardiaque peut importe la cause, les problèmes sociaux et toute la violence qui s’y rattache et j’en passe…

Pour accomplir ce travail, avec les années, les outils et les tâches se sont améliorés: moniteur défibrilateur, protection des voies respiratoires par combitubation (tube qui installé par la bouche vers l’oesophage et qui protège les voies aériennes et facilite la ventilation), médications pour les problèmes cardiaques-respiratoire-diabétique-anaphylactique (allergie), arrêt de manoeuvre et déclaration de décès, ecg complet, protocole des avc, immobilisation complexe, oxygénothérapie…

Par contre, les conditions dans lesquelles le travail est accompli se détériore constamment. Nous n’avons aucune reconnaissace professionelle par l’employeur,les temps réponse sont de plus en plus long car il y a un manque chronique de ressources, le temps supplémentaire incessant, la charge de travail qui est en augmentation constante, conduire en urgence pendant 15-20 minutes pour se rendre à la victime fait en sorte de diminuer les chance de survie-augmenter les risques d’accidents-augmente le stress des intervenants, de la victime et de l’entourage qui demande nos services immédiatement, la variation des horaires de travail qui fait en sorte qu’une personne peut travaillé des quarts de jour,soir ou nuit sur une très courte période, le ressourcement physique et psychologique difficile à obtenir au moment opportun, habitude alimentaire désordonnée (8 à 10 heures sans pause car trop d’appels en attente), salaire inchangé depuis au moins 5 ans ( 0% d’augmentation ),fond de pension ridicule ( paramedic de 30 ans de service parti avec 540$ par mois),rétention des employés au travail difficile, le 1/4 est en arrêt de travail pour blessure physique ou psychologique, relève de nouveaux employés insuffisante…

Je voulais juste mettre les choses en perspective. J’adore mon travail, je suis chanceux d’être en santé physique et psychologique mais, une simple blessure peut tout faire chavirer car, nous n’avons pas la possibilité d’être relocaliser advenant une blessure nous invalidant.

Commentaire par dan.b

ya beaucoup de vos collèges qui se mettre sur la csst pour des maux de dos imaginaire….pour finir leurs terrassement….etc etc..etc….
jacques

Commentaire par jacques coulombe

Pour m Coulombe…Il y en a partout des pommes pourries,et les paramedic du quebec n y échappent pas.Mais de votre part apporter de tels propos sans rien connaitre de ce travail fait de vous la plus grosse pomme pourrie…BRAVO!

Commentaire par Anonyme

Commentaire retiré par l’auteur de ce blogue. (Tetoine en l’occurence)

Note de Tetoine: Ce commentaire dépassait nettement les bornes monsieur Coulombe. Il s’agit d’ailleurs du premier commentaire en un an que je retire et ce n’est pas un compliment.

Que vous signiez anonyme ou non, ici, on se concentre principalement sur le fond des dossiers, avec du piquant une fois de temps en temps, mais pas d’attaque gratuite et diffamatoire, sans fondement. Je vous invite à adresser vos récriminations auprès du syndicat concerné, sans passer par mon blogue, si jamais vous brûler d’envie de vociférer à nouveau.

Je vous invite à ne pas répondre à ce commentaire et je pense que vous avez fait le tour de la question au sujet des paramédics. Votre attitude ne cadre pas du tout avec le genre de discussion qui se tiennent ici.

Commentaire par jacques coulombe

Ambulancier francais,revant depuis longtemps devant les paramedics quebecquois,c’est avec interet que j’ai lu ce blogue.
Je constate,non avec une certaine surprise,que le sort de nos confreres outre-atlantlique n’est pas beaucoup plus rose que le notre… Aucune reconnaissance malgré vos années d’études (7 mois pour nous actuellement) et vos gestes delegués (meme une glycémie se fait “sous le manteau” à la demande du medecin-regulateur pour les ambulanciers francais!) J’en reste pantois.
Bon courage pour le futur!

Commentaire par Anthony




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