Oui je suis en retard, mais je ne la comprend pas. En fait, je la comprend trop.
L’affaire Martineau-Dieudonné est un exemple typique de la gangrène qui afflige nos médias. Foutez-moi la paix, il ne s’est rien passé ce soir là.
Tout au plus, deux grosses têtes ont participé à une émission de grosses têtes, pour faire la grosse tête. Pas surprenant. Me semble.
Mais dans notre merveilleux monde du vedettariat journalistique, où celui qui écrit passe avant le contenu, c’est toujours utile de gonfler un peu les personnages.
C’est exactement ce qui s’est passé cette semaine. On a ajouté une brique au monument Martineau. On a ajouté une brique au monument Dieudonné. Combien d’articles de journaux ? Combien de chroniques ? Merde.
Mais surtout: Combien ont écouté l’émission ?
Combient sont allés à la source ? Beaucoup plus facile de lire le topo, de se laisser bourrer, d’embarquer dans le cycle. De ne plus chercher. D’avoir trouvé la vérité, sans même s’être posée une seule question.
Tenez, il est ici. Le vidéo de la “fameuse” rencontre entre Dieudonné et Martineau.
Rien pour écrire à sa mère. Oui, Martineau se fait boucher. Pour ceux qui ne l’apprécie pas particulièrement, c’est drôle. Le voir s’embourber dans un argumentaire unidirectionnel du type “avec” ou “contre” l’Iran, “avec” ou “contre” l’Irak”, ce n’est rien pour solidifier l’impression que je peux avoir de ses piètres raisonnements.
Mais Dieudonné n’est pas plus brillant pour autant. Même sous le couvert de la fuite de la pensée unique, il en dit des conneries. Et son argument du “j’y suis allé”, “je l’ai vu” ne tient pas. Les journalistes y vont aussi sur le terrain. Même si c’est leur job, ça ne les empêche pas de se faire bourrer.
Mais bon, les conneries de Martineau, ça nous change un peu des conneries de Dumont.
Ça, je n’ai même pas le coeur de vous en parler. L’ineptie se décrie plutôt mal de manière sérieuse.
Bon, je m’en vais déposer une motion de blâme entre deux ou trois abolitions de commissions scolaires. Vous me rappelerai quand les municipalités se seront départagés les écoles.
Faudrait peut-être vérifier le taux de participation des assemblées de circonscription de l’ADQ, au cas où certaines d’entre-elles mériteraient d’être abolies.
4 commentaires jusqu'à présent
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Un très bon condensé de ce que je pense, merci!
Comment par Renart L'éveillé novembre 14, 2007 @ 2:57Dans beaucoup de municipalité, le conseil municipal est élu pas acclamation.
À qui confier les écoles dans ces cas là? Au conseil de fabrique? Le taux de participation ne doit pas être très élevé non plus.
On ne s’en sort pas. Mautadine. Ça semblait si simple pour Ma’io d’abolir les commissions scolaires!
Comment par Guill novembre 17, 2007 @ 5:24Haha très drôle, ta fin de billet.
Je n’avais pas entendu parler de cet épisode et je crois que je vais commencer à écouter cette émission, je trouve juste dommage de ne pas avoir vu ton billet avant pour diverses raisons.
En tout cas sur ce, à bientôt.
Comment par Louis-Joseph Benoit novembre 19, 2007 @ 10:33Vu la vidéo.
Trois personnes avaient leur place dans ce débat : Dieudonné, le journaliste d’origine rwandaise et le spécialiste universitaire.
Le débat qu’il aurait été intéressant de pousser c’est la question du “professionnalisme” des journalistes.
Durocher et Martineau ont hurlé : “on a des diplômes et une carte de presse”. Mais que vaut au juste un diplôme de journalisme?
En quoi le fait qu’il soit passé par une école de journalisme rendrait Martineau apte à écrire sur l’Iraq, sur les moeurs, sur les questions sociales, sur l’école, sur la religion, sur … ………….. ? Martineau – et pas seulement lui – pense pouvoir parler de tout alors qu’il « babille » et fait du remplissage et qu’il n’est jamais sorti de chez lui. Il fréquente essentiellement les salles de presse et les studios de télé, mais assez peu les bibliothèques : et hélas pour lui, cela se sent.
Les écoles de journalisme forment avant tout des vendeurs de journaux et d’émissions très formatés. Très peu de gens dans ce milieu savent vraiment « de quoi ils causent » et c’est un miracle quand l’un d’entre eux sort du lot. Les meilleurs journalistes sont les spécialistes (ex. cette journaliste francophone de haut niveau dont j’oublie le nom et qui couvre la politique canadienne) qui ne cherchent pas à mettre leur grain de sel sur tout et ne prétendent pas tout connaître.
Un spécialiste de l’histoire du Moyen-Orient a beaucoup plus sa place qu’un Martineau pour aborder le sujet « guerre en Iraq » et il ne ferait qu’une bouchée de Martineau. Lire les textes ineptes de Martineau sur ce qui se passe dans les autres régions du monde est carrément RISIBLE et le pire, c’est qu’il ne s’en rend pas compte (à moins que…).
Par ailleurs, beaucoup de journalistes ne sont jamais passés par des écoles de journalisme : ils revendiquent leur titre autant que ceux qui y sont passés et ont des cartes de presse. De ce point de vue, « l’argument du diplôme » n’est pas valable : il n’est même pas vraiment admis par les gens de la profession.
Au lieu de former des “journalistes”, on ferait mieux de commencer par former des gens en histoire, en anthropologie, en sociologie et en politique, jusqu’au niveau du doctorat, avec des spécialisations par grande région c’est-à-dire qu’ils doivent connaître le continent dont ils parlent Où diable sont les gens qui parlent chinois, japonais, arabe ou russe?
Les journalistes connus sont de plus en plus contestés, et c’est tant mieux car ils ont un pouvoir démesuré bien qu’ils n’aient reçu, somme toute, qu’une formation fort courte et fort limitée.
S’il avait fait plus d’études, Martineau se rendrait compte des sujets qu’il peut traiter et de ceux sur lesquels il ferait mieux de se taire. En invoquant sans arrêt l’argument de la formation, Martineau et sa copine se sont ridiculisés (cette fois, en couple).
Notons qu’on avait invité à l’émission cette petite blonde humoriste, comme faire-valoir selon un procédé qui est devenu maintenant habituel. Visiblement, elle n’était pas à sa place et n’était nullement intéressée par le sujet. Elle a été transformée dans cette émission en « personnage » : celui du naïf ou du pigeon dont le rôle était de donner aux autres l’impression qu’ils appartiennent à la catégorie “savante”. La pauvre s’est fait totalement piéger. Et peut-être que Luc Mervil, qui n’est pas antipathique mais pas très renseigné lui-même, avait besoin de la présence de l’ingénue pour se rassurer et se sentir “moins con”.
Il faut remarquer que les journalistes optent de plus en plus souvent pour « la mise en scène du naif » et le pire, c’est qu’ils pensent que personne n’a vu que cette petite manoeuvre est devenue une habitude.
Beaucoup de blogues sont minables, c’est vrai, mais Martineau ne vaut pas un cheveu de certains blogueurs. Plus : Martineau se classe TRÈS LOIN DERRIÈRE quantité de chercheurs qui connaissent les sujets que Martineau prétend traiter sans les avoir étudiés.
Ce que personne n’a dit, sur le plateau (réflexe de défense corporatiste oblige) c’est que très peu de journalistes de la presse quotidienne ou même hebdo ont le temps de faire de la recherche. Ils se contentent d’aller chercher l’information la plus facilement accessible, c’est à dire celle qui a déjà été mâchée par leurs confrères des télés et des grands journaux, en particulier européens et américains.
Les journalistes et les vendeurs de journaux réagissent non pas à “la réalité”, mais à l’information qui est traitée par leurs concurrents, ou dont ils pensent qu’elle le sera, car ils ne veulent pas être “doublés”.
Certaines informations qui n’intéressent personne au départ vont finir par fasciner tout le monde parce qu’elles ont été transformées en spectacle-accroche par un metteur en scène bien ou mal intentionné. Et lorsqu’un sujet semble “pogner” : tous les journaux et télés emboîtent le pas comme “un seul homme”.
Finalement, ce n’est pas uniquement par des blogueurs ignorants que l’information produite par les journalistes est de plus en plus boudée comme voulaient le faire croire les invités de chez Mervil, mais aussi par les gens les plus instruits. Mais visiblement, Martineau n’aiment pas fréquenter les gens instruits.
Cette hostilité des journalistes vis-à-vis du monde universitaire est parfaitement visible. (Je note une exception, découverte il y a peu : l’émission Ce soir ou jamais de Frédéric Taddei, qui invite souvent des chercheurs, et renouvelle systématiquement ses invités, ce qui est un principe essentiel.
Comment par boule novembre 26, 2007 @ 5:38