Classé dans : Australie, Irak, John Howard, Kevin Rudd, Kyoto, Workchoices, harper, élections
Après plus de 10 années de gouvernance conservatrice, le parti travailliste est de retour au pouvoir en Australie.
John Howard, éternel allié de Bush dans les guerres contre l’Irak et le protocole de Kyoto, y aura perdu le pouvoir et son propre siège.
Stephen Harper perd lui aussi un compagnon de taille. Il faut croire que la population australienne n’a pas cru que le protocole de Kyoto était “une erreur que le monde ne doit jamais répéter” puisque celui-ci a été un enjeu majeur de la campagne et aura contribué à la défaite du parti conservateur.
Outre la question environnementale, les débats entourant la guerre en Irak et l’inefficacité des réfomes législatives en matière de travail ont constitué les pierres angulaires de cette campagne.
Précisons ici que le gouvernement australien s’était lancé dans une vaste réforme du droit du travail en décentralisant les négociations collectives et en favorisant largement l’individualisation du rapport salarial au détriment de l’action collective dans l’implantation des protections reliées à l’emploi.
En bref, une belle poutine à la sauce “libre-marché” baptisée “Workchoices”, un joli vocable néolibéralement emballée venant nous rappeler la superpuissance de l’individu et de ses libres choix dans la bataille pour de meilleures conditions de travail dans le monde de l’emploi.
Devant les conséquences pathétiques de cette réforme, la population n’aura pas gobé plus longtemps le discours du “nécessaire” démantèlement des droits des travailleurs dans le but d’implanter un monde du travail plus “productif”, plus stable et moins précarisant. Au surplus, ils auront réagi contre la tendance lourde vers une diminution des salaires chez les salariés les plus défavorisés. Il faut croire que les “forces du marché” s’étaient levé du mauvais pied en Australie…
Vu d’ici, la situation de l’Australie est très intéressante. Ils auront vécu quelques années avant nous le virage conservateur et le démantèlement de plusieurs programmes sociaux.
Aujourd’hui, ils font volte-face et élisent un gouvernement prêt à rétablir certains droits. Ils quittent le bateau “Anti-Kyoto” et acceptent de remettre en question certaines politiques douteuses issues de l’orientation idéologique du parti qui quitte le pouvoir.
Ainsi, dans les mois qui viennent, les australiens s’apprêteront à revoir un modèle vers lequel certains acteurs d’ici voudraient bien tendre progressivement, notamment en matière de financement de l’éducation et de politique du travail.
À suivre…
2 commentaires jusqu'à présent
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Ouais ne nous réjouissons pas trop vite… Rudd est présenté comme le blairiste de l’hémisphère sud.
Commentaire par Cathou novembre 27, 2007 @ 5:30Gageons qu’il sera frilleux de revenir activement contre les réformes concervatrice…
Ne nous réjouissons pas trop vite: Le à suivre… en fin de billet sert pas mal à ça.
Il a déjà promis de signer Kyoto et de rapatrier le tiers de troupes de l’Irak. Pour le reste, on peut juste prier sur le programme. Au moins il y a là une forme d’admission que le statu quo ne peut plus durer et c’est à cela que la population a répondu. Si Rudd ne livre pas à partir de là, ce sera à la population de réagir en conséquence. Mais il est vrai que sa marge de manoeuvre est limitée.
Commentaire par tetoine novembre 27, 2007 @ 6:01