Les chirurgiens dentistes font beaucoup parler d’eux depuis quelques jours. Ils ont mis leur menace à exécution et se sont massivement retirés du régime public couvrant certains frais dentaires destinés aux enfants de moins de 10 ans et aux prestataires de l’aide sociale.
Avez-vous remarqué que malgré les nombreuses menaces des dentistes, qui se sont échelonnées sur plusieurs mois, le gouvernement et les médias ont allumés seulement lorsque le moyen de pression s’est mis en branle ?
De quoi faire réfléchir ceux qui pensent que tout peut passer par la”bonne foi” et la merveilleuse “négociation conciliante et harmonieuse”.
Mais ce dossier dissimule un problème beaucoup plus grave.
Le rapport de force d’un partenaire privé faisant affaire avec le gouvernement est excessivement élevé. De quoi faire réfléchir ceux qui crachent sur les “puissants” syndicats du secteur public et qui adule de futurs partenaires privés.
Ce qui m’écoeure dans ce dossier, ce ne sont pas les salaires largement au dessus de la moyenne provinciale des chirurgiens dentistes. Ce n’est non plus le fait que les dentistes prennent supposément en otage une partie de la population.
C’est surtout le fait que le recours à un partenaire privé dans le cadre de l’articulation d’un programme public fait en sorte que ce programme peut être remis en question dès que le partenaire décide d’exercer des moyens de pression.
Et si l’État ne répond pas aux attentes, le partenaire peut tout simplement se retirer, sans égard à ses propres responsabilités et aux détriment des choix sociaux qui ont été fait par nos gouvernement dans le passé.
Pas de lois spéciale, pas de services essentiels pour le privé.
Un rapport de force considérable par contre. Le gouvernement n’a tout simplement pas le choix. Il devra obligatoirement revoir les barêmes de remboursement aux dentistes puisqu’il est complètement dépendant de ceux-ci dans le cadre de l’application de mesures visant à favoriser l’accès aux soins dentaires. Il n’a aucune porte de sortie.
Le gouvernement devient un simple consommateur d’un service externe, dépendant de celui qui lui offre. Belle recette pour contrôler l’évolution des coûts quand on se retrouve devant un faux dilemme chaque fois que le “partenaire” décide que l’entente ne convient plus…
Les chirurgiens dentistes s’appuient maintenant sur des ententes dans le secteurs de la santé comme la miraculeuse Clinique Rockland pour réclamer le remboursement de certains frais d’exploitation et de nouveaux frais administratifs.
La population devrait plutôt s’appuyer sur ces évènements pour réaliser à quel point des dépenses publiques dépendantes du secteur privé constituent un risque considérable sur le plan du contrôle des coûts et de la prestation de ces programmes.
3 commentaires jusqu'à présent
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Super l’analyse!
Je n’avais pas encore réussi à lire plus de trois lignes au sujet de cette histoire. Merci!
Commentaire par renartleveille avril 1, 2008 @ 12:41Tout partenaire, si une entente n’est pas respectée devrait avoir le droit de ne plus la reconduire non? On jase là!
Commentaire par alcolo avril 2, 2008 @ 7:08@Alcolo:
Vous avez tout à fait raison. Voilà pourquoi il importe de faire la distinction entre le fait d’avoir recours à des salariés ou de faire affaire avec le privé dans le cadre de l’administration des programmes sociaux.
Commentaire par Tetoine avril 2, 2008 @ 2:56